Cours d’économie fondamentale – Introduction

Chers amis lecteurs, chères amies lectrices, j’inaugure avec cet article une série de « cours » dont l’objectif est de vous transmettre les connaissances élémentaires ainsi que certains concepts avancés, afin de comprendre l’Economie. Contrairement à un Laurent Alexandre qui estime que les Gilets Jaunes (et à travers eux toutes les classes « populaires » de la société française) sont des crétins qu’il faut rendre « intelligents » grâce à « l’intelligence artificielle », je pense que l’Economie est un domaine que l’on préfère éviter voire fuir, simplement parce qu’on s’en fait une idée très éloignée de la réalité, à cause de gens qui complexifient inutilement des notions simples, dans le but d’éviter qu’on regarde de trop près leurs petites manigances.

L’Economie n’a de fait rien de complexe, et je vais vous le démontrer avec des articles simples, sans avoir besoin de recourir à des concepts mathématiques ni de grandes théories compliquées. Vous n’aurez besoin d’aucune connaissance particulière pour aborder ce cours, en dehors de la compréhension de la langue française.

Les mots et concepts importants sont en gras et italique. Ils marquent des éléments sur lesquels je reviendrais régulièrement et qu’il faut donc retenir. Si je n’approfondis pas un mot ou concept en gras dans les phrases suivantes, c’est que j’y reviendrais dans une leçon future, il n’y a donc pas besoin de trop s’attarder dessus pour l’instant. Je vous souhaite une bonne lecture et espère que l’exercice vous plaira et surtout vous servira.

Introduction – Qu’est-ce que l’Economie?

Commençons par torpiller une idée reçue, particulièrement en France: l’Economie n’est pas une Science. Tout au plus peut-elle être considérée comme une « Science Sociale », au même titre que la Psychologie, la Sociologie, le Droit, l’Histoire… Les Sciences se caractérisent par plusieurs facteurs, dont le plus important est ce qu’on appelle la « réplicabilité », c’est à dire la possibilité pour tout un chacun de reproduire un résultat obtenu par un chercheur, en menant la même expérience, dans les mêmes conditions.

L’Economie n’étudie pas un phénomène matériel comme la Physique ou la Chimie. Son objet est l’être humain lui-même, et plus exactement l’action humaine. Or, l’être humain étant par nature changeant, l’action humaine évolue au fil du temps, et ce qui était valable à un moment donné peut ne plus l’être la seconde d’après. Pour cette raison, l’Economie n’est pas réplicable, et ne peut pas être considérée comme une Science.

L’économiste fait le constat que chaque individu possède des biens, et est animé par le désir d’en acquérir d’autres. Nous avons en effet des besoins vitaux (eau, nourriture, air), et des besoins nécessaires (logement, vêtements…), ainsi que des désirs (une voiture, ou « un véhicule plus beau que celui du voisin », par exemple). L’air est disponible partout pour tout le monde, mais ce n’est pas le cas pour l’eau ni pour la nourriture. Il faut donc les produire: rendre la première potable, et récolter ou chasser la seconde… ou les acquérir par l’échange. C’est la satisfaction de nos besoins et désirs qui motive notre action. En Economie, on dit que nos désirs sont illimités, dans un monde où les ressources disponibles sont, elles, limitées. De ce fait, nous avons tendance à privilégier l’acquisition de ce qui a le plus d’utilité pour nous, avant les choses moins utiles. Cela permet de comprendre que tous les biens et services ne se valent pas de la même manière d’un individu à l’autre, et n’ont qu’une valeur relative (liée à l’individu qui le désire), jamais intrinsèque (liée à l’objet). Ce sera l’objet de la première véritable leçon, dans le prochain article.

Lorsque nous avons satisfait nos besoins vitaux et nécessaires, il arrive que nous ayons un surplus, que nous ne sommes pas en mesure de consommer. Parce que nos semblables ont les mêmes besoin que nous, il existe donc une possibilité de partage ou d’échange de notre surplus contre quelque chose que nous désirons et dont nous manquons. Nous pouvons échanger des biens ou des services, contre des biens ou des services.

L’Economie est l’étude des échanges entre individus et/ou entreprises.

Cette définition très simple, pour ne pas dire simpliste, permet de fixer les limites d’une discipline fondamentalement centrée sur l’être humain et à bien des égards, humaniste, comme je vous le démontrerais au fil des leçons. L’Economie prend en compte ce qui permet l’échange lui-même (la production des biens et services à échanger), et dans une certaine mesure, ce que cet échange permet.

Son outil principal est le bon sens: quand Camille désire des pommes, elle n’acquiert pas des briques, mais des pommes. Elle est ce qu’on appelle un « individu rationnel« . La rationalité est au centre de l’Economie, et c’est parce que l’Economie que l’on voit dans les médias semble devenue totalement folle que nous nous détournons d’elle. Si cela peut vous rassurer, c’est parce que la plupart des journalistes que vous voyez ou lisez n’ont jamais étudié l’Economie qu’ils disent des choses absurdes voire révoltantes. Ils manient des concepts avec des mots compliqués qu’ils ne comprennent pas eux mêmes pour vous convaincre que vous êtes incapables de comprendre et qu’il vous faut donc vous en remettre à des spécialistes, qui eux sont capables de décrypter tout ça.

C’est ici qu’intervient le deuxième outil de l’Economie: l’information. C’est parce que Camille sait que les pommes ne sont pas pourries ou pleines de vers qu’elle va acquérir ces fruits en vue de les consommer: elle a pu s’en convaincre en les regardant, c’est à dire en recevant une information. Il en va pour Camille comme pour les grandes entreprises internationales: l’information est au cœur de l’activité économique. C’est en cela qu’internet a été une telle révolution pour les échanges mondiaux: l’information se transmet de façon quasiment instantanée, et désormais, la seule véritable limite est notre capacité à traiter cette information. C’est la principale et seule véritable application de l’intelligence artificielle: opérer un tri grossier entre l’information utile et celle qui ne l’est pas, pour éventuellement pouvoir procéder à une analyse et en tirer des conclusions, dans un délai sans cesse plus court.
De même, souvent négligées voire dénigrées (y compris par les économistes), la Connaissance et la Culture ont une importance voire une valeur économique, étant elles-mêmes porteuses d’informations.

Troisième outil fondamental de l’économie: la capacité de comprendre toutes les conséquences d’un phénomène. Lorsque Camille acquiert une pomme, elle a un but: la satisfaction d’un besoin ou d’un désir. La pomme, entre les mains de Camille, sera vraisemblablement mangée, consommée, et ne sera donc plus disponible pour Auguste, quel que soit la quantité de biens ou de services qu’il proposera à Camille, ce qui signifie qu’Auguste devra acquérir une autre pomme ailleurs. De même, la pomme a une durée limite durant laquelle elle est consommable, et viendra un moment où elle sera périmée. Sa valeur sera donc perdue pour Camille. Certains biens ont donc une valeur temporaire, alors que d’autres sont durables, ce qui n’a pas les mêmes conséquences économiques. J’aurais l’occasion d’y revenir.

De façon provocatrice, on pourrait presque considérer que l’Economie peut se passer de l’outil mathématique, au-delà du simple dénombrement de quantités et d’opérations simples d’addition et de multiplication. Et il se trouve que c’est totalement vrai pour ce que j’appelle l’Economie Fondamentale, comme vous le verrez. Je dois néanmoins reconnaître que c’est beaucoup plus difficile lorsque l’on cherche à approfondir l’étude de certains faits économiques, particulièrement d’un point de vue statistique. Là, on quitte la stricte analyse économique pour s’aventurer dans une autre discipline, appelée « économétrie », qui n’a plus grand chose à voir avec l’Economie et tient plus des mathématiques: l’élément humain disparaît derrière des chiffres, et on n’étudie plus l’action humaine, mais des corrélations entre variables. Dans le cadre de ce cours, je n’irais pas aussi loin, même si il me sera probablement indispensable de recourir à des mathématiques très simples.

L’Economie se divise traditionnellement en deux domaines. Pour schématiser de façon très simple, la « micro-économie » est l’étude à l’échelle locale, limitée des échanges, et la « macro-économie » est l’étude de ces échanges à l’échelle d’un pays, voire du monde. On y ajoute un troisième domaine, la Finance, qui se distingue des deux autres en ce sens qu’il s’agit d’un domaine d’analyse consacré au principal outil/support des échanges: la Monnaie.

Parce que la Monnaie est devenue aussi centrale, primordiale dans l’étude des échanges, elle sera l’objet de la première leçon de ce cours, à découvrir très bientôt sur Sombre Plume.

Dans l’intervalle, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires et à me faire part de vos suggestions. Cette introduction est volontairement courte et simpliste, la plupart de ce que j’ai abordé ici sera développé et expliqué plus en détails dans les leçons à venir.

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