La guerre contre les blancs

Chers lecteurs, cet article sera certainement controversé, et à plus d’un titre. Ce petit laïus introductif vise à remettre les choses à leur place avant qu’on m’accuse de tout et n’importe quoi.
Tout d’abord, cet article n’est pas complotiste: tout ce que j’y rapporte est réel et s’appuie sur des citations pour lesquelles je fournis les références. Vous pouvez les vérifier par vous-mêmes si vous avez l’impression que c’est une exagération ou une déformation (voire un mensonge). Faites-le, vous constaterez par vous-même les choses que j’expose ici.
Ensuite, mes opinions politiques n’ont rien à voir avec le contenu de cet article. Je ne suis pas d’extrême droite, je ne m’intéresse pas à la politique et mes convictions dans ce domaine sont anarchistes. Je ne suis pas non plus raciste; je ne définis pas les individus par leur couleur de peau dont je me fiche éperdument, mais par leurs actes.

Enfin, Sombre Plume n’a aucun revenu publicitaire. Peu importe le nombre de visites, je n’ai aucun revenu sur ce site et donc aucun intérêt à faire la pute à clics. Ce que j’écris en ces pages ne me rapporte rien, à part des ennuis.
Ceci précisé, passons à l’article lui-même.

Connaissez vous Noel Ignatiev?

Je doute que ce nom vous dise quoi que ce soit. Cet homme est pourtant à l’origine d’une idéologie ultra-raciste, qui divise les êtes humains selon leur couleur de peau et les hiérarchise en considérant la « race blanche » comme à l’origine de tous les maux. La pollution des océans par le plastique? Ce sont les blancs. La destruction des écosystèmes africains et amazoniens? Les blancs, encore. Le « réchauffement climatique »? Les blancs, évidemment. Le SIDA? Toujours les blancs. La pauvreté, les guerres, la violence « patriarcale », les problèmes de tous les jours? Les blancs, toujours les blancs. C’en est devenu un meme, tant les articles accusant les blancs d’être responsables de problèmes ridicules se sont multipliés ces dernières années.

Imaginez un monde où l’on en vient à prétendre que les noirs ne peuvent pas manger la même chose que les blancs… au nom de l’antiracisme.

Alors ça vous passe probablement au dessus de la tête, mais sachez que cette accusation fondamentale est aujourd’hui au cœur d’une idéologie revendicative que l’on retrouve partout en Occident, en particulier via les « Social Justice Warrior » (SJW; j’y reviendrais), et en particulier là où se trouvent des populations noires.
Aux Etats-Unis, c’est le fondement du mouvement « Black Lives Matter » (BLM), officiellement créé en 2013 après la mort de Trayvon Martin, un adolescent noir abattu par un policier blanc. BLM est devenu au fil des ans un mouvement idéologique raciste dédié à « l’empowerment noir », qui proclame sérieusement que les noirs seraient une civilisation extrêmement avancée si les blancs n’avaient pas détruit leurs civilisations (spoiler: non seulement ils se sont très bien débrouillés tout seuls pour ça, mais en plus les civilisations disparues dont ils se réclament ont très souvent été redécouvertes et leur mémoire préservée par les européens…). C’est cette théorie fumeuse qui est à l’origine du « succès » du film « Black Panther », où un peuple noir vit caché au cœur de l’Afrique et a développé une civilisation très avancée grâce à l’exploitation d’un métal inconnu, le vibranium. Le film avait déclenché une véritable hystérie collective et des fantasmes délirants, au point qu’un nombre invraisemblable d’afro-américains ont « oublié » que le Wakanda est un royaume de fiction créé par Stan Lee et Jack Kirby (par des blancs, donc) en 1966…

Le Wakanda serait un royaume ultra-avancé parce qu’il aurait résisté au colonialisme, nous expliquent les mêmes personnes qui militent pour l’accueil des clandestins africains…

En France, cette idéologie s’incarne dans plusieurs mouvements communautaristes (pour ne pas dire racistes), dont les Indigènes de la République et Rokhaya Diallo sont la figure de proue, aux côtés des innombrables groupuscules SJW qui pullulent surtout sur internet. L’essentiel de leurs revendications sont calquées sur celles faites aux Etats-Unis par les associations communautaristes (principalement BLM). De par le contexte français, où se mêlent des populations originaires d’Afrique du Nord, les revendications du Parti des Indigènes de la République (PIR) mêlent à la fois des éléments empruntés à l’empowerment noir et à l’Islamisme, ce qui explique l’obsession pro-palestinienne de certains de ses membres.

Bon, tout ça c’est bien joli, mais on n’a toujours pas parlé de Noel Ignatiev. Rassurez-vous, j’y viens. Figurez-vous que ces revendications « racisées » et largement anti-blancs ont toutes, sans exception, la même origine. Et c’est ainsi qu’entre en jeu Noel Ignatiev (préparez-vous, car je vais beaucoup répéter ce nom pour qu’il rentre bien dans la lumière des projecteurs).

Noel Ignatiev

Noel Ignatiev, nous dit sa fiche wikipédia, est le fils d’un immigrant juif aux Etats-Unis. Il est né en 1940, et a rejoint la sphère des groupes et groupuscules communistes dès ses 18 ans, en 1958. Ses premiers « combats » idéologiques s’inscrivent dans le Mouvement pour les Droits Civiques (1955-1964), animé par le pasteur Martin Luther King et qui réclamait la fin de la ségrégation américaine et des droits égaux pour les noirs et pour les blancs. Marxiste-Léniniste, puis Maoiste, puis Marxiste, Ignatiev a abandonné ses études et est devenu ouvrier syndiqué dans une aciérie jusqu’en 1984, date à laquelle il est renvoyé, non sans avoir organisé de multiples grèves et actions au cours de ses vingt ans de carrière. Jusque-là, Noel Ignatiev ne se démarque pas tellement. Les choses changent à partir de 1985, quand il retourne à l’université, et plus exactement à Harvard, où il est accepté sur la base de son expérience avec un niveau « d’undergraduate » (sans diplôme). Dix ans plus tard, il a obtenu son doctorat en Histoire des Etats-Unis et rejoint l’université du Massachusetts en tant que professeur. Son obsession académique?

Abolir la race blanche.

Pour Noel Ignatiev, la notion de « race » est une construction sociale (« There is a long tradition among them that the white race is a peculiar sort of social formation, one that depends on its members’ willingness to conform to the institutions and behavior patterns that reproduce it. By the early 1900s…it was becoming commonplace in the academy to speak of race, along with class and gender, as a social construct….« ), c’est à dire que la « race noire » ou la « race blanche » sont des notions construites, sans aucune réalité, à partir de distinctions sociale. En somme, il n’y a pas de « race », seulement des êtres humains. Jusqu’ici, on pourrait croire que Noel Ignatiev se pose dans une logique humaniste typique. Il va en réalité plus loin. Beaucoup, beaucoup plus loin.

Ignatiev explique que ces notions de races blanche/noire ont été construites parce que les « blancs » voulaient se protéger des « noirs » qui eux, voulaient se mêler aux populations blanches (« We believed that this internal antagonism played itself out as a civil war within the white mind, between the desire of whites to wall themselves off from black Americans and their desire to overcome the boundaries that kept them apart. « ). Rien que cette phrase en citation vous révèle l’imposture intellectuelle que peut représenter une telle affirmation, qui ne repose d’ailleurs sur aucun élément historique: les « blancs » voulaient se séparer des « noirs » et ont donc construit une distinction sociale basée sur la « race » (couleur de peau), qui aboutit à faire des blancs des blancs et des noirs des noirs. C’est sur cette vision délirante que se construit toute une idéologie anti-blanche assumée, visant à détruire à la fois la culture occidentale (« blanche »), mais encore les peuples européens (« blancs »). Tout est résumé dans l’édito du premier numéro du magazine « Race Traitor » qu’il a co-fondé:  » Make no mistake about it: we intend to keep bashing the dead white males, and the live ones, and the females too, until the social construct known as ‘the white race’ is destroyed—not ‘deconstructed’ but destroyed.  » (Ne vous y trompez pas: nous avons l’intention de continuer à attaquer les hommes blancs morts, et ceux qui sont vivants, et les femmes également, jusqu’à ce que la construction sociale connue comme « la race blanche » soit détruite -non pas « déconstruite », mais détruite)

Si son travail était une simple imposture, je n’en parlerais même pas. Seulement voilà, ses travaux ne sont ni anodins, ni sans effet. Les thèses de Noel Ignatiev sont reprises par d’autres universitaires, et surtout, servent de fondement aux théories SJW anti-blanches que l’on observe ces dix dernières années. Si Ignatiev prend toujours le soin de parler de « construction sociale » en parlant de « race blanche », parce que cet artifice lui permet d’échapper aux poursuites pénales, ce n’est pas le cas de ceux qui s’inspirent de ses « travaux ».

Capture d’écran du fil twitter de Rokhaya Diallo, captée le 6 avril 2019

Vous avez en fait probablement déjà croisé dans l’actualité française le terme de « racisme systémique », notamment dans la bouche de Rokhaya Diallo. Sachez que cette notion est issue directement des travaux publiés par Noel Ignatiev, pour qui les cultures occidentales se sont organisées à partir de l’exclusion des autres, et en particulier des africains, créant par là un ensemble de « systèmes » d’exclusion basés sur la « race ». Parce que les cultures non-occidentales n’auraient pas construit de tels systèmes, seuls les « blancs » seraient ainsi « racistes ». Admirez la pirouette intellectuelle… qui vous explique l’origine du terme « racisé », qui désigne toute personne intrinsèquement discriminée par les « blancs » à raison de leur couleur de peau, tandis que les « racisés », eux, n’auraient pas cette attitude envers les « blancs ».

Couverture du premier numéro de Race Traitor (1993); les autres numéros sont tous disponibles sur archive.org

Le journal « abolitionniste » [de la race blanche] « Race Traitor » a pour slogan « la trahison envers la race blanche est [une preuve de] loyauté envers l’Humanité ». Cette « revue universitaire » était publiée chez Routledge, un éditeur universitaire de renommée mondiale auprès duquel nos Presses Universitaires Françaises (PUF) font bien pâle figure. Si Race Traitor n’a existé que de 1993 à 2005, le temps de 16 numéros, son héritage « intellectuel » est immense et a contribué à former une véritable nébuleuse politique dédiée à la destruction des sociétés « européennes » (c’est à dire blanches) et à l’instauration d’une nouvelle ségrégation où les « racisés » seraient les dominants. Se revendiquant largement du Mouvement des Droits Civiques de Martin Luther King, ce journal n’a eu de cesse que de chercher à inscrire ses articles dans sa droite lignée. Parmi les thèmes abordés dans cette revue, on trouve évidemment des articles consacrés au Mouvement des Droits Civiques, mais aussi des articles consacrés aux relations entre « noirs » et « juifs » (racisme et antisémitisme ayant les mêmes racines) et autres « racisés, d’autres consacrés à la réécriture de l’Histoire américaine, et notamment la Guerre de Sécession (avec des conséquences importantes aujourd’hui, à travers l’attaque contre les monuments aux morts de cette période avec pour prétexte la mort d’une militante « antiraciste » à Charlottesville), la répression policière « contre les noirs » aux Etats-Unis (suite à l’affaire Rodney King, en 1992, et dont le développement fait aujourd’hui école dans chaque affaire impliquant un jeune noir face à des policiers…), la façon dont sont traités les migrants clandestins, la lutte contre l’extrême droite (c’est à dire tout simplement les blancs qui ne pensent pas selon leurs termes), le féminisme au sein des populations « racisées », la mise en avant de personnalités « racisées » pour leur lutte contre les « blancs »… Des sujets d’une brûlante actualité puisqu’il ne se passe plus une semaine sans que quelqu’un fasse un scandale à propos de l’un ou de l’autre de ces sujets et fasse les gros titres des médias occidentaux. A vrai dire, il ne manque qu’un seul thème: les LGBT.

Noel Ignatiev est également l’un des créateurs du concept contemporain de « privilège blanc » (« white privilege »), qui explique que parce que les systèmes occidentaux sont des « systèmes faits par des blancs, pour les blancs », ils sont discriminants par nature envers les « racisés » et confèrent aux « blancs » des privilèges. On le retrouve sous sa plume dès 1967, soit bien avant sa carrière universitaire, du temps où il n’était « que » militant communiste. Il est assez amusant de voir qu’aujourd’hui les militantes féministes prétendent que c’est Peggy McIntosch qui aurait « popularisé » ce concept en 1989, alors qu’il était déjà dans l’air bien avant dans les milieux communistes américains pro-noirs…


Cette référence au privilège blanc 20 ans avant qu’il ne soit universitaire montre que Noel Ignatiev n’a pas procédé à des recherches avant de bâtir sa thèse, mais qu’il a dirigé sa thèse dans le sens d’opinions politisées, idéologiques, qui étaient siennes bien avant qu’il ne rejoigne les rangs des universités. Ce n’est pas un cas isolé, loin de là. Trop souvent, malheureusement, les militants politiques prolongent leurs études et deviennent professeurs, et se servent de leur statut d’universitaire pour propager des opinions idéologiques au total mépris de la démarche scientifique.

Or, comme vous le montre ce court article, cela a des conséquences énormes pour nos sociétés basées sur la connaissance et l’information, avec des conséquences dramatiques. Quand on en arrive à se plaindre du racisme des pansements au nom de l’antiracisme, quelle discussion peut-il encore y avoir? Peut-on encore espérer quoi que ce soit de la part de gens qui s’appuieront sur tout ce qu’ils peuvent pour nous accuser de racisme et disqualifier le moindre de nos avis, nous attaquer par tous les angles possibles et imaginables? Nous qui n’avons jamais connu de politique de ségrégation en Europe, comment pouvons-nous supporter d’être accusés de tous les maux, même les plus ridicules, alors que nous avons toujours été les plus tolérants au monde? Comment ne pas devenir fous quand l’ensemble de nos médias, de nos politiques, de nos enseignants, de nos entreprises se liguent contre tout ce qui leur a permis d’être et d’exister, c’est à dire nous?

Il est temps de riposter contre cette idéologie mortifère et de la détruire à la racine. De l’empêcher de se répandre, comme le cancer qu’elle est, et de la détruire, à la racine. Des universitaires comme Noel Ignatiev, il y en a des centaines, peut être des milliers. Des gens qui ne font que propager leur idéologie délétère, qui n’a aucune matérialité scientifique, aucune prise avec la réalité. Mais peu ont autant d’influence que ces ordures. Il est temps de les dénoncer, et de les annihiler, eux et leurs émules.

Ces gens agissent dans l’ombre. Les mettre en lumière est le meilleur moyen pour les disqualifier, eux et leurs idéologies qui ne sont bâties que sur du vent, mais causent des dégâts considérables sur notre qualité de vie, et notre vision du monde.

Plutôt que d’attaquer ceux qui ne nous ont rien fait, prenons nous-en à ceux qui nous haïssent, comme Noel Ignatiev et tous ceux qui se réclament de lui ou propagent ses idées.

Qu’est-ce que le capitalisme?

Je lis en permanence des articles et des livres parlant du Capitalisme qui ruinerait le monde et serait la cause de tous les malheurs de cette planète. Pollution, destruction d’espèces animales et végétales, misère humaine, le Capitalisme semble être d’après tous les auteurs qui en parlent une abomination dont on comprend mal comment l’Humanité en supporte le poids mortifère.

Il se trouve que je suis économiste: j’ai un Master d’économie, et j’ai suivi un an de programme d’enseignement doctoral à Turin. Et j’ai beau avoir réussi haut la main mes études, je n’arrive toujours pas à comprendre de quoi les économistes de think tanks comme Les Economistes Atterrés, Terra Nova, et des tas et des tas d’autres peuvent bien nous parler.

A vrai dire, je pense qu’eux-mêmes ne le savent pas.

L’enseignement de l’économie en France, et de manière générale en Europe, est un enseignement essentiellement mathématique. L’économie était jusqu’aux années 1870 considérée comme une science sociale, et s’appelait « Economie Politique ». Il s’agissait d’appliquer de bonnes « recettes » de gouvernance pour gérer un budget, la production industrielle, la monnaie… Ses principes étaient dits « politiques », par opposition à la mécanique et aux mathématiques. L’Economie était ainsi régie par des principes philosophiques, et les économistes étaient des penseurs, et non des « calculateurs ».

La situation a changé au tournant des années 1870, avec ce qu’on appelle la « Révolution Marginaliste ». Trois grands courants naissent à cette époque: ce qu’on appellera l’école autrichienne, avec Carl Menger, l’école de Cambridge avec William Jevons, et l’école de Lausanne avec Léon Walras. Ces deux derniers courants se confondent dans ce qu’on appelle l’économie Néo-Classique.

Walras n’avait pas une formation d’économiste: il sortait de l’école des Mines de Paris, et était ingénieur. De par sa formation, il s’est employé à développer une méthode de calculs précis à appliquer à l’économie, une véritable révolution en soi. Grâce à des équations, il devenait possible de calculer le rendement horaire d’une usine, ou d’un employé, d’optimiser la production en fonction des coûts et bénéfices attendus, et au final, de prévoir l’ensemble de l’Economie. Parce que Walras est français et que son influence à l’époque est considérable, sa démarche mathématique se répand en France comme une trainée de poudre et détrône la vieille économie politique, et ceci d’autant plus que l’économie politique était issue de la Perfide Albion.

Près de 150 ans plus tard, c’est toujours cette économie mécaniste qui est enseignée en France, et l’économie politique a quasiment disparu. Ce qui signifie que quand vous entendez un économiste français parler, vous êtes garantis qu’il a une vision de l’économie totalement déconnectée de ce qu’elle est: une activité humaine.

Alors qu’est-ce que tout ça a à voir avec le Capitalisme?

Tout, à vrai dire. L’économie néo-classique, ultra dominante aujourd’hui, est une économie de l’optimisation d’équations où les travailleurs deviennent des variables ajustables, et d’où tout ce qui ne concerne pas le résultat économique attendu, c’est à dire le profit, est tout simplement écarté des calculs. Si vous prenez les courbes produites par Thomas Piketty dans son médiocre Capital au XXe Siècle qui avait fait couler tant d’encre dans les médias à sa sortie, vous pourrez constater qu’à aucun moment n’apparaissent de variable concernant la pollution ni aucun facteur environnemental, ni même social. Comme tous les autres, il se contente de facteurs dans des équations pré-définies (par lui ou d’autres économistes pensant comme lui), qui sont fixées sans prendre en compte les futures évolutions que connaît notre société ou notre monde. Et comme ces équations déshumanisées ne peuvent pas fonctionner dans un monde en perpétuelle évolution sous l’effet de l’action humaine, leurs résultats sont faux, et leurs effets sont généralement délétères. Si je parle de Piketty, c’est tout simplement parce qu’il était (parmi d’autres) conseiller économique de François Hollande: on en a vu le résultat. Piketty a bien essayé de s’éloigner de la catastrophe qu’a été le quinquennat d’Hollande en prétextant que certains de ses conseils n’avaient pas été suivis, mais il a soigneusement oublié de préciser que l’essentiel de ses préconisations avaient été suivies d’effet, avec les conséquences que l’on connait.

Ces économistes, pour expliquer l’échec de leur méthode mécaniste (« si je change ceci, ça influencera toujours cela en retour dans telles proportions »), se déchargent de leurs responsabilités et blâment le « Capitalisme ». Vous remarquerez qu’ils ne prennent jamais la peine d’expliquer de quoi ils parlent: il leur suffit d’agiter vaguement les « 1% », de parler des riches contre les pauvres, et ils s’en tirent avec une pirouette.

En réalité, le Capitalisme n’est ni une idéologie comme peut l’être le Marxisme, ni même un courant économique. Le Capitalisme est un mode de développement totalement apolitique: un entrepreneur investit dans les moyens de production de son entreprise pour en augmenter les capacités, ce qui génère en principe plus de revenus et améliore son bénéfice, dont il pourra se servir pour développer ses moyens de production, et ainsi de suite. Et c’est tout. Le capitalisme est simplement une façon de gérer son entreprise en faisant en sorte qu’elle s’agrandisse grâce au réinvestissement des bénéfices dans les moyens de production.

Le Capitalisme est, comme je l’ai mentionné, apolitique. Il s’oppose à la Chrématistique, c’est à dire à l’accumulation des richesses pour elles-mêmes. Cette notion, qui remonte à Aristote, désigne tout comportement visant à un enfermement des richesses (principalement l’or et l’argent, en pièces ou en lingots) dans des coffres, à la manière de l’Avare de Molière: cette monnaie accumulée ne sert à rien; or l’essence de la monnaie est de permettre l’échange de biens ou de services. C’est l’absence de réinvestissement (et l’avarice qui en est à l’origine) qui génère les troubles dans la société humaine.

Après avoir lu ceci, pensez-vous que nous sommes dans une société capitaliste, ou dans une société chrématistique?

Poussons encore plus loin. Tout le monde oppose aujourd’hui « Capitalisme » et « Marxisme » (ou ses dérivés communistes, socialistes, etc…), or le Marxisme n’est rien d’autre que l’appropriation des moyens de production par ceux qui les utilisent, réunis en coopératives elles-mêmes unies et régies par le Parti des travailleurs (ou parti communiste) dans une structure étatique sensément au service de la classe ouvrière. Le Marxisme ne parle jamais d’accumuler des richesses: son principe est de les réinvestir pour accroître le bien-être social. Et comment accroître sans cesse le bien-être social? Vous comprenez où je veux en venir: le Marxisme et tous ses dérivés sont par essence capitalistes. Karl Marx était un historien, et non un économiste, et a désigné par le terme « capitalisme » le comportement prédateur visant à s’approprier toujours plus de richesses, ce qui est la définition même de la chrématistique aristotélicienne.

Cette méprise a des répercussions cataclysmiques aujourd’hui: sous couvert de lutter contre le « capitalisme », nos dirigeants favorisent en réalité la prédation économique et la concentration des richesses mondiales dans les mains de quelques uns, dont ils font partie. Or, l’appropriation des richesses mondiales par des grands dirigeants de multinationales financières qui exigent des profits de plus en plus élevés provoque une baisse drastique des réinvestissements. L’économie mondiale est financiarisée, mathématisée, déconnectée de l’économie réelle. Seules comptent les équations, toujours plus complexes, et les chiffres: coûts, profits, pourcentages. L’affaiblissement du réinvestissement réduit considérablement le développement mondial. Que l’on ne confonde pas ici Développement et Progrès technologique. Si ce dernier n’a pas l’air d’être affecté, c’est parce qu’en réalité il se concentre sur un petit nombre de domaines très rentables. En fait, sans nous en rendre compte, notre niveau technologique baisse: la durabilité et la qualité de nos objets a chuté, leur technicité est sans cesse réduite, et leur apport en terme de bien-être est devenu marginal, pour ne pas dire nul. Nos aliments sont empoisonnés, notre environnement est détruit, notre qualité de vie est dégradée, et nos habitats deviennent carrément nuisibles. Seuls quelques produits, pour la plupart informatiques ou électroniques (smartphones, ordinateurs…), bénéficient d’un véritable progrès, qui commence à avoir du mal à cacher la véritable régression que l’on connait ailleurs.

Ne vous laissez plus avoir. Seul le Capitalisme est gage de progrès, et pourra sortir l’Humanité de l’ornière où elle a été plantée par quelques milliers d’accapareurs qui tôt ou tard devront rendre des comptes.


Le grand remplacement est une réalité

Bon, tiens, on va parler de la « théorie du grand remplacement ». Alors tout le monde ces derniers jours vous balance jusqu’à la nausée que c’est à cause de Renaud Camus, dont plusieurs bouquins portent sur les questions démographiques et dont l’un porte ce titre, que l’extrême-droite fantasme sur un « prétendu complot visant à remplacer les populations blanches européennes au profit des populations noires africaines ».
Il faut savoir que Renaud Camus n’a fait que reprendre ce terme de « remplacement de populations », il n’en est pas l’inventeur. D’où est-ce que ça vient?
De l’ONU, mesdames et messieurs, rien moins que de l’ONU et de son organe « International Organization for Migration ». Le terme de « migration de remplacement » (« replacement migration ») se retrouve ainsi noir sur blanc sur le site de l’organisation internationale la plus connue et la moins soupçonnable d’accointances d’extrême droite. L’organe en question a, entre autres, publié un rapport sur les migrations internationales, le 17 mars 2000. On peut y trouver des tas de références au remplacement de populations européennes par les migrants (notamment d’Afrique), parce que le taux de fertilité des européens est moins élevé que celui des migrants. De fait, les populations blanches européennes ont tendance à se réduire inexorablement, tandis que celles des migrants extra-européens ne peuvent qu’augmenter en nombre et en proportion.
Le rapport est là: https://publications.iom.int/…/files/pdf/wmr_2000_edited.pdf
Et la page consacrée est là: https://www.un.org/press/en/2000/20000317.dev2234.doc.html.
Il ne s’agit pas d’une théorie, mais d’un fait, avéré, et constatable dans la vie quotidienne, qui n’a rien à voir avec le complotisme ou l’extrême droite, mais tout à voir avec la démographie. C’est un phénomène généralisé à tous les pays développés, mais qui touche particulièrement l’Occident, parce que nos dirigeants ont fait le choix dans les années 1970 de recourir à l’immigration pour compenser la perte de main d’œuvre que le vieillissement des populations et la diminution des taux de fertilité allaient provoquer après 2000. Le Japon, lui, a fait le choix de la robotisation; l’Europe a délocalisé ses moyens de production en Asie, amplifiant encore le problème du chômage, né, comme par hasard, dans les années 1980, soit après l’instauration d’un véritable laxisme d’Etat sur les questions migratoires (et l’instauration du regroupement familial, qui a causé un mal terrible à notre société pour des tas de raisons socio-économiques).
Encore une fois, ce n’est pas une théorie, c’est un fait, une politique publique menée dans toute l’Europe de l’ouest depuis 40 ans, que l’on peut reconstituer à partir de toutes les lois et de toutes les statistiques démographiques.

La Comédie de Dante, par Kolja Micevic

Pour cette première critique littéraire sur Sombre Plume, j’ai choisi de vous présenter rien moins que La Comédie du génial Dante Alighieri. Plus exactement, plutôt que de présenter la Comédie elle-même (exercice vu et revu depuis deux siècles), je vais vous présenter la Comédie telle que l’a traduite Kolja Micevic, parue aux éditions Esopie.

Reçu le mois dernier en service de presse, j’avais trente jours pour en publier une critique sur Babelio, un site communautaire dédié aux livres. Hé bien croyez moi, trente jours pour lire l’intégralité de la Comédie, ce n’était pas de trop…

Evidemment, rien de tel pour lire la Comédie que de le faire avec un verre d’absinthe…

Lire la Comédie de Dante est toujours une aventure littéraire. Je l’ai lue la première fois il y a une dizaine d’années dans les œuvres complètes de Dante, parues dans la collection Bouquins. J’avais été un peu chagriné par une traduction assez plate, même si l’effort avait été mis pour lui donner une forme poétique. Mais elle était très loin de rendre honneur au texte original, beaucoup, mais alors beaucoup plus complexe, si bien qu’arrivé au milieu du Purgatoire, j’avais perdu toute envie de continuer.

J’adore pourtant ce texte , pour l’importance qu’il a dans l’histoire de la Littérature et des Arts en général. J’en ai une bonne dizaine d’éditions (dont l’édition originale de la traduction par Arnaud de Montor du Paradis, en 1811!), illustrées ou non, et j’ai même relié moi-même l’une de mes versions pour lui donner un bel habillage de cuir rouge. Y revenir était donc un plaisir que j’attendais avec impatience.

Et quel bonheur ça a été!

La traduction de Kolja Micevic est tout simplement excellente, la meilleure dont je pouvais rêver. La minutie avec laquelle il a respecté la technique poétique de Dante est tout bonnement magistrale. Les rythmes, les rimes, cette fameuse Terza Rima, l’emplacement des noms au cœur du vers ou en position de rime selon l’importance que Dante leur donne, la richesse de la langue dantesque, les rimes latines au milieu de la langue courante, tout y est, du début à la fin.

Mais ce que j’ai le plus apprécié, au-delà de ce travail qui déjà mérite les éloges, est que Kolja Micevic s’est employé à signaler dans les notes chaque fois qu’il a dû adapter sa version ou choisir tel mot plutôt qu’un autre, permettant de mieux saisir les nuances du texte original. En plus de ses propres notes, Kolja a également inclus les notes de précédents traducteurs de Dante, comme Rivarol ou Arnaud de Montor, qui éclairent sur le sens parfois obscur de tel ou tel passage. C’est à dire qu’en plus de produire un texte quasi-parfait et de donner des indications pour les futurs traducteurs et ses lecteurs, Kolja Micevic nous fait plonger dans la tradition dantesque en nous tenant par la main pour nous faire rencontrer ses prédécesseurs.

Kolja nous dévoile en plus les arcanes de la poésie de Dante, cette « rimagination » qu’il révèle avec une passion qu’il parvient à transmettre à son lecteur. Tout l’art de Dante a été en effet d’inventer des moyens de contourner certaines difficultés de sa langue pour faire rimer des mots d’une manière totalement inédite, en inventant des mots (on appellerait ça des néologismes aujourd’hui), en décomposant certains autres… Si cela passe pour une forme de « triche », cela ne dénature pas la poésie de la Comédie, bien au contraire! En faisant appel à l’imagination pour rimer (et pas que rimer, d’ailleurs, puisqu’on trouve le procédé à l’intérieur des vers), Dante a créé un texte unique, qui explique son retentissement dans l’Italie de la Renaissance.

La Comédie s’accompagne ici, en plus des notes, d’un index des noms rencontrés dans l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, qui offre parfois de précieux renseignements pour comprendre le sens du poème. On sent vraiment le travail énorme mené par Kolja pour cette édition inégalée, même chez la Pléiade, qui fait pourtant référence en matière de Littérature.

A ce texte magistral s’ajoutent les illustrations de Vladimir Velickovic (dont une est visible sur la couverture), dont le style colle parfaitement avec l’Enfer, mais un peu moins avec les deux autres parties de la Comédie. J’avoue avoir moins apprécié son style contemporain que les gravures de Gustave Doré ou que les peintures de Botticelli, mais c’est parce que je suis un grand amateur des classiques. D’autres sauront apprécier ces illustrations beaucoup mieux que moi, je n’en doute pas un instant!

Au final, mon seul regret aura été d’avoir dû précipiter ma lecture: je n’avais que 30 petits jours pour déguster l’immense travail de Kolja Micevic. Trop court pour s’y plonger pleinement et en digérer chaque partie comme il se doit… Ce qui me dit que je n’attendrais pas dix ans pour m’y replonger, cette fois!

Les éditions Esopie ont vraiment fourni un travail remarquable sur ce livre, malgré une ou deux petites imperfections très, très mineures. L’ouvrage est vraiment beau et résistant, avec un papier de qualité très agréable au toucher. Je me permets deux petites remarques pour les éditions ultérieures: l’absence de numéros de ligne a été un peu handicapant pour certains commentaires qui y font justement référence, et si j’ai beaucoup apprécié que les commentaires soient en fin de chant plutôt qu’en fin d’ouvrage comme c’est trop souvent le cas, il me semble personnellement que les avoir en bas de page améliorerait beaucoup la lecture.

Le travail de Kolja Micevic sur Dante est, à mon avis, le meilleur dont on puisse rêver pour la Comédie. Sa version en est un régal pour les connaisseurs, même si je conçois qu’elle soit ardue pour les lecteurs peu habitués à la poésie et qui découvrent Dante pour la première fois. Ses commentaires éclairants démontrent à quel point il a su pénétrer l’essence de la Comédie, et je ne vois pas comment on pourrait faire mieux, à part peut être en incluant la Vita Nuova en guise d’introduction « éclairante » et le texte original en regard. Mais là on aboutirait à un gros pavé de 1500 pages, ou une édition en trois tomes, forcément de luxe…

Cette Comédie est un véritable bonheur que je ne peux que recommander chaleureusement. Un immense merci à Kolja Micevic d’avoir donné à La Comédie de Dante l’écrin qu’elle mérite dans notre belle langue française!

Dante Alighieri, La Comédie, selon Kolja Micevic. Editions Esopie, 2017, 35€
ISBN : 9791092404036

L’économie du Zimbabwe: une leçon pour les apprentis-sorciers

« Non mais l’autre, il nous parle du Zimbabwe, c’est quoi cette blague? »

Si j’aborde le sujet de l’économie du Zimbabwe, c’est parce que l’exemple de ce pays est l’archétype de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on veut développer une économie de façon stable et pérenne.

Le Zimbabwe, c’est là, en vert.

Commençons par quelques données sur le pays, qui abrite une population de 16 millions de personnes, appartenant ultra-majoritairement à l’ethnie Shona (80% des habitants). Déjà, il faut savoir le Zimbabwe est l’un des rares pays africains à avoir abrité une civilisation dont on connait relativement bien l’histoire, et ce dès le Ve siècle de notre ère. Lorsque les anglais colonisent la région, sous le nom de Rhodésie à la toute fin du XIXe siècle, la civilisation Shona est en déclin depuis près de 4 siècles.

Pour des raisons d’organisation administrative, le pays est découpé en deux, avec la Rhodésie du Nord, et la Rhodésie du Sud. Ils essaient de rattacher la Rhodésie du Sud à l’Afrique du Sud, ce qui est un échec sur tous les plans, et les anglais décident de laisser de côté ce pays pour se concentrer sur le développement de l’Afrique du Sud et de la Rhodésie du Nord.

Avec la décolonisation, est créée une Fédération regroupant les deux Rhodésies et le Nyassaland. On lit souvent que c’était pour préparer une indépendance sur le modèle sud-africain, avec des blancs à la tête de la Fédération en vue de conserver un accès aux ressources minières, mais l’idée me semble grotesque pour des tas de raisons que je ne développerais pas ici. Disons seulement qu’avec des blancs ultra-minoritaires, dans une dynamique de décolonisation, je ne vois pas comment cela aurait été possible. Toujours est-il que la Fédération éclate en 1964. La Rhodésie du Nord devient l’actuelle Zambie et le Nyassaland devient l’actuel Malawi. La Rhodésie du Sud reste la Rhodésie, menée par le Gouvernement de Ian Smith, qui perdurera jusqu’en 1979.

Ian Smith en couverture du Time, 5 novembre 1965

L’histoire post-indépendance de la Rhodésie du Sud est complexe, et mériterait un article à elle seule, aussi vais-je abréger en mentionnant simplement qu’à la suite d’une longue guerre contre les mouvements rebelles soutenus par les anglais (qui avaient refusé la déclaration d’indépendance de Ian Smith en 1964), écrasés par des pressions internationales et minés par des dissensions internes, la Rhodésie du Sud de Ian Smith devient le Zimbabwe de Robert Mugabe en 1980.

Commence alors un déclin économique unique dans l’histoire de la décolonisation.

Une économie détruite par l’avidité et l’incompétence

L’organisation économique du Zimbabwe de Mugabe était corporatiste, c’est à dire que chaque corps de métier est regroupé et s’auto-organise lui-même, en fonction de ses intérêts. Pensé comme la panacée pour tirer le maximum de chaque corps (agriculture, industrie, armée, santé publique…), le corporatisme crée en réalité les bases pour une société de conflits d’intérêts qui finit par paralyser une économie, parce que chaque corps se dispute l’exercice de telle ou telle activité. L’un des exemples types est celui du pain: l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit et vend le pain. Mais entre les deux, il faut moudre le grain pour produire de la farine. Problème: le meunier relève-t-il de l’agriculture, ou du commerce? On crée pour résoudre le conflit un nouveau corps de métier pour départager le fermier et le boulanger. Seulement il faut amener le blé au meunier, puis livrer la farine au boulanger, une activité de transport. Vous comprenez le problème: on multiplie les intervenants, donc les intermédiaires, et donc les coûts, et très vite, le système s’asphyxie parce qu’il n’y a plus assez de monnaie en circulation.

Mugabe avait également fait mettre en place un système social complet: salaire minimum garanti, durcissement des règles juridiques encadrant le licenciement, dépenses publiques d’éducation et de santé qui triplent en dix ans, développement de l’emploi public jusqu’à lui faire peser 60% des emplois du pays, et pour permettre à tous les habitants d’accéder à la propriété puis à une société de consommation, les prix des biens et les taux de crédit étaient contrôlés par l’Etat.

Pour soutenir cette consommation intérieure, les entreprises devaient payer d’énormes taxes si elles souhaitaient exporter leurs produits. Or une telle politique conduit à déséquilibrer la balance commerciale: en exportant moins que ce qu’on importe, on réduit l’afflux de capitaux étrangers qui servent à payer les importations. Il faut donc acheter des devises étrangères pour payer ces importations, et pour maintenir un niveau de liquidités suffisants dans le pays pour faire tourner l’économie réelle (celle des gens dans les commerces).

Dernier ingrédient pour déclencher une crise économique majeure, le gouvernement Mugabe a interdit aux compagnies étrangères ayant des activités au Zimbabwe d’y distribuer des dividendes à leurs actionnaires, pensant ainsi favoriser les primes aux salariés. Or, dans les années 1980 (et ce n’est plus le cas aujourd’hui), les dividendes servaient avant tout à rémunérer les investisseurs étrangers qui apportaient de l’argent frais (et surtout, des devises étrangères) dans le pays pour développer son économie. En empêchant ce versement de dividendes, Mugabe a en réalité empêché les investisseurs étrangers de dépenser leur argent dans les projets des entrepreneurs locaux, qui en avaient pourtant désespérément besoin pour créer des emplois dans le secteur privé.

Résumons: des dépenses publiques énormes (à hauteur de 45% à la fin des années 1980), un déficit commercial qui assèche les liquidités du pays, et une politique décourageant l’afflux de capitaux étrangers pouvant compenser cet assèchement et aider dans le même temps au développement de l’économie, qui ne peut pas compenser avec des taux d’intérêt et des prix flottants puisque ceux-ci sont contrôlés par l’Etat.

Les interventions gouvernementales des années 1990

Face au problème de la dette publique s’accroissant à un rythme alarmant, le gouvernement Mugabe a tenté plusieurs réformes dans les années 1990. Le plus évident en cas d’assèchement des liquidités dans un pays est une émission monétaire, dont le résultat est une dévaluation de la monnaie. Le gouvernement injecte donc sur son marché intérieur un vaste volume de cash, dévaluant le dollar zimbabwéen de 40%. Au même moment, le contrôle des salaires, des prix des denrées et des taux d’intérêt est levé.

Le remède, appliqué de façon aussi rapide, est encore pire que le mal puisque cela crée dans le même temps une baisse des salaires, une hausse des prix des denrées alimentaires et des taux d’intérêt, et une hausse du chômage, sans pour autant réduire le problème des déficits publics qui restent au même niveau.

Sans surprise, l’économie du pays est mise K.O. par ces réformes, et s’ensuit une période de chaos économique. La situation est en fait similaire à celle des pays d’Europe de l’Est à la chute de l’empire soviétique, et tout comme pour eux, des signes d’amélioration timide commencent à se faire sentir au milieu des années 1990, preuve que les réformes commencent à produire leurs effets positifs (meilleure efficacité de l’économie, retour à l’emploi pérenne, circulation des capitaux dans l’économie réelle, prix des denrées représentant leur véritable valeur…). Additionnées à l’aide internationale, ces mesures auraient pu rendre au Zimbabwe une vraie dynamique et lui permettre un développement accéléré, et ceci d’autant plus que le pays est riche en ressources minérales.

Seulement voilà, Mugabe était un dirigeant apparemment décidé à ravager son propre pays, puisqu’il a décidé en 1998 d’engager l’armée du Zimbabwe en République Démocratique du Congo (autre pays souffrant d’un chaos politique et économique, aggravé par la convoitise de ses voisins comme le Rwanda et le Burundi sur ses ressources minérales…). Cette action en RDC, totalement illégale et contreproductive, aboutit à la suspension de l’aide internationale, pourtant vitale pour l’économie du pays. Après tout, si le Zimbabwe peut se permettre des opérations militaires, pourquoi continuer à lui verser de l’aide économique pour sa population? Les millions de dollars qui affluaient permettaient de maintenir la balance commerciale et soutenaient l’économie réelle avec de l’argent circulant permettant de ne plus émettre de monnaie nationale (et donc de dévaluer). Sans cette aide, l’économie du Zimbabwe est repartie dans une spirale descendante aboutissant à l’explosion des années 2000.

L’Hyperinflation et la ruine du Zimbabwe

Avec un tel climat économique, le Zimbabwe était clairement condamné sur le plan économique à devoir subir un déclin irrémédiable, avec au bout l’implosion de tout le système. Cette seule phrase résume à elle seule la décennie 2000, qui a vu la dette extérieure du pays exploser, son économie réelle s’effondrer, et sa monnaie subir une hyper inflation comme on n’en avait plus vu depuis les années 1920 en Allemagne et en Autriche, suite à la Première Guerre Mondiale.

Un billet avec une somme absurde, ne valant rien, sauf pour les numismates…

En réalité, je pense qu’on peut même dire que la situation du Zimbabwe était inédite dans l’histoire, encore pire que dans les années 1920. Pensez donc: en 2009, vous pouviez voir sur le bas côté des routes des billets de plusieurs milliards de dollars zimbabwéens que personne ne se donnait la peine de ramasser, tant ils ne valaient rien. Le plus gros billet de l’histoire de la monnaie a été émis au Zimbabwe, pour une valeur faciale de 100 000 milliards, l’équivalent de quelques dizaines d’euros seulement.

L’histoire du dollar zimbabwéen est elle-même révélatrice de l’immense problème généré par l’intervention gouvernementale dans l’économie. Créé en 1980, le dollar zimbabwéen ( surnommé Z$ pour plus de simplicité ci-après) voit sa valeur s’éroder au fil des ans, indépendamment des épisodes de dévaluation volontaire. D’une valeur d’environ 1,5 $US pour 1 Z$ en 1980, il fallait 1 million Z$ du pays pour acheter 1 livre sterling en 2006. En 2006, le gouvernement tente d’enrayer la crise en annonçant un changement de monnaie, avec une valeur de 1 $US pour 1000Z$, sans changement macro-économique préalable pour assurer la viabilité de cette monnaie. Même causes, même conséquences: l’inflation est repartie de plus belle, à ceci près que cette nouvelle monnaie n’avait plus la confiance ni de la population, ni des étrangers commerçant avec le pays. De facto, le dollar US est devenu la monnaie préférentielle pour les échanges commerciaux, tant à l’étranger qu’en interne, ce qui d’une part forçait les entreprises zimbabwéennes à acheter des dollars à un taux très désavantageux pour elles, et d’autre part, amenait la population à trafiquer des dollars US sur un véritable marché noir. Or, plus le dollar américain entrait dans l’économie du pays (sans intervention en ce sens de la part des Etats-Unis, il faut le préciser), et plus la défiance envers le dollar zimbabwéen augmentait, faisant gonfler l’inflation à un rythme soutenu.

Pour essayer de rétablir la situation économique devenue catastrophique, le gouvernement Mugabe change une nouvelle fois sa monnaie, avec un taux de 10 milliards Z$ anciens pour 1 Z$ nouveau, au 30 juillet 2008. Or, cela ne changeait strictement rien, puisque aucune réforme macroéconomique n’avait eu lieu, une situation très vite évidente puisque dans les semaines qui suivent, Mugabe fait autoriser certains détaillants à accepter les devises étrangères, en particulier US$ et Rand sud-africain, comme moyen de paiement légal. Cette autorisation bouleverse totalement l’économie à cause du signal qu’elle envoie: puisque d’autres monnaies avaient désormais cours dans le pays, cela signifiait que le Z$ ne valait plus rien. En moins six mois, cette nouvelle dénomination monétaire était devenu l’échec le plus absolu de l’Histoire de la Monnaie, avec l’émission de ce fameux billet de 10 trillions de Z$ (valant sur les marchés internationaux environ 50 US$).

Une dernière tentative de sauvetage du dollar zimbabwéen a lieu en février 2009, avec une valeur de 1 000 milliards de Z$ anciens pour 1 Z$ nouveau (et il fallait 300 000 milliards de Z$ anciens pour 1 US$). Une fois encore, sans réforme macro-économique, l’absence de confiance dans cette monnaie ne pouvait que conduire à un désastre encore plus rapide que les précédents. Aggravée par l’annonce du gouvernement que désormais toutes les devises étrangères seraient acceptées dans le pays, la crise aboutit à la suspension définitive de la cotation du dollar zimbabwéen en avril 2009. L’annonce constatant de facto la mort de cette monnaie n’a eu aucun effet sur l’économie, qui à cette date était de toute façon entièrement « dollarisée », effectuée en dollars US, voire en têtes de bétail dans les régions rurales, où la forme d’échange était revenue au troc…

L’annonce de la démonétisation définitive du Z$ en 2015 est passée presque inaperçue.

La malédiction du Zimbabwe

Le Zimbabwe avait pourtant tout pour être un pays riche et prospère. Dès l’indépendance de 1965, le gouvernement de Ian Smith avait mis en place les bases d’une économie saine, fondée sur l’agriculture, qui est l’un des secteur les plus dynamiques de ces régions fertiles de l’Afrique. L’agriculture devait permettre la constitution de capitaux nécessaires pour assurer la crédibilité internationale des finances du pays, et attirer des investisseurs pour exploiter les riches ressources minérales du Zimbabwe.

Le pays possède de très riches réserves de charbon (8 milliards de tonnes prouvées), des diamants (4% de la production mondiale), du Platine (10% de la production mondiale), du Palladium (5% de la production mondiale), de l’or, de l’argent, des minéraux technologiques comme le cobalt…

En fait, le Zimbabwe devrait théoriquement être l’un des pays les plus riches d’Afrique. Il ne subit pas l’ingérence étrangère comme peut la subir la République Démocratique du Congo, et est en relative paix au niveau civil, du fait de sa grande homogénéité ethnique (plus 80% de la population est de l’ethnie Shona). Comment expliquer, dans ces conditions, que le pays soit l’un des plus pauvres du monde?

Il faut remonter à 1980, et l’arrivée au pouvoir de Mugabe, qui a constitué une véritable catastrophe pour la population blanche, qui détenait majoritairement l’agriculture entre ses mains. Prétextant le « racisme » des blancs, Mugabe s’est employé à détruire les liens entre populations noires et populations blanches et à ostraciser ces dernières pour reprendre leurs terres, avec l’appui du gouvernement anglais qui l’avait mis au pouvoir. Comme il faut s’y attendre dans une économie basée sur l’agriculture depuis les années 1960, une telle attaque contre les fermiers blancs a mené à un déclin inexorable de tout le secteur, fragilisant les bases d’une économie déjà malmenée par les réformes que j’ai mentionnées plus haut. Pendant les décennies suivantes, Mugabe s’est employé à décharger ses responsabilités sur les « racistes » blancs, qu’il a fait persécuter. Alors qu’ils représentaient 275 000 personnes en 1975, les blancs n’étaient plus que 29 000 personnes en 2012. En 2015, Mugabe a fait voter une énième loi pour exproprier manu militari et sans compensation financières 3000 des 4500 familles de fermiers blancs qui restaient dans le pays, appelés à « quitter le pays ou mourir ». Cette loi a achevé de détruire le secteur agricole zimbabwéen, au point que le nouveau gouvernement, qui a pris le pouvoir en 2017, envisage de faire revenir ceux qui ont dû fuir en Afrique du sud et en Zambie pour survivre.

Robert Mugabe a été chassé du pouvoir le 14 novembre 2017, après 37 ans de règne de fer, dans un coup d’Etat dirigé « contre ses proches » accusés de détruire l’économie du pays. En n’accusant pas Mugabe de leurs maux, les mutins ont voulu préserver le pays d’une guerre civile qui n’aurait pas manqué d’éclater autrement…

Robert Mugabe, je l’ai dit, semble s’être évertué à détruire son pays, à la fois par incompétence et par avidité. L’intervention militaire de 1998 en RDC avait apparemment pour objectif non avoué de sécuriser les avoirs miniers que Mugabe avait secrètement acquis, et qui étaient menacés par des rebelles. Mugabe a apparemment pillé avec ses proches l’un des fonds de réserve constitué par la vente de diamants, pour une somme ahurissante de 25 milliards de dollars américains. Il dispose de résidences un peu partout dans le monde, chacune valant plusieurs millions de dollars US. Toute sa fortune s’est construite au détriment des zimbabwéens, et continue de se faire à leur détriment puisqu’il touche 1 million par an, en compensation pour le coup d’état qui l’a renversé en 2017, et ce jusqu’à sa mort (il a 95 ans).

Le nouveau président Mnangagwa n’est pas un inconnu puisqu’il était l’un de ses compagnons de route dès les années 1970. Il a acquis son surnom de « boucher » peu après l’indépendance en 1980, lors du massacre de plus de 20 000 civils, en majorité blancs et surtout noirs travaillant pour des blancs, commis dans le centre du pays.

Depuis le départ de cet homme qui a passé sa vie à détruire son pays et à accuser les blancs de tous les maux, les choses semblent aller un peu mieux au Zimbabwe.

C’était du moins le cas jusqu’à ces derniers jours. Le nouveau gouvernement a en effet annoncé la fin du système du taux-fixe de la quasi-monnaie basée sur le dollar, qui a pris le relais suite à la chute du Z$ en 2009. Concrètement, cela signifie que le Zimbabwe relance une nouvelle monnaie. Or, le nouveau gouvernement n’a pas constitué de réserves pour en garantir la crédibilité et la valeur, c’est à dire que l’on retombe dans la même situation qu’en 2006. Si le fait de laisser fluctuer à nouveau la valeur entre le dollar US et ce qui sert actuellement de monnaie nationale semble être une bonne chose pour de nombreux économistes, c’est qu’ils oublient que le pays souffre d’une grave pénurie de cash et que la majorité des échanges monétaires se fait sur le marché noir, hors d’atteinte du gouvernement. En réalité, cette annonce ne fait que diminuer la crédibilité de la quasi-monnaie locale, ce qui annonce un retour à la dollarisation, aux pénuries de cash, et une inflation majeure à venir.

Quelle solution pour une économie en crise?

La seule solution qui me paraît viable pour le Zimbabwe est d’abandonner toute prétention à avoir une monnaie « comme les autres », avec des taux de change fluctuants et adossée ou non au dollar pour bénéficier d’une stabilité comme le CFA indexé sur l’Euro.

En l’état actuel, sans réforme macro-économique majeure, la seule solution pour le Zimbabwe est d’adosser une nouvelle monnaie sur des valeurs stables et sûres: ses ressources minières. En créant un indice composite, c’est à dire en créant un panier de ressources dont la valeur équivaudrait à 1 dollar, représentant une fraction de la valeur d’une unité d’échange de tel ou tel métal (l’once pour les métaux précieux, le kilo pour les autres, la tonne pour le charbon…), le pays s’autoriserait une valeur monétaire fluctuante en fonction des marchés des ressources, appuyées sur des valeurs concrètes à même de redonner confiance en cette monnaie, et pourrait repartir sur des bases nettement plus saines, tout en se constituant une réserve pour crédibiliser son économie.

Sans parler d’un retour au standard-or, qui est dépassé et inadapté à une économie moderne, le Zimbabwe pourrait, s’il était mené par des dirigeants réellement concernés par le renouveau de l’économie de leur pays plutôt que par leurs richesses personnelles, retrouver une réelle dynamique de croissance et la prospérité dont il est théoriquement capable.

En l’absence de réformes libérant enfin l’économie, réduisant la part du secteur public dans l’emploi, cessant la discrimination contre ses populations blanches, autorisant les entreprises étrangères à réinvestir normalement dans le pays et dotant le pays d’une monnaie crédible, le Zimbabwe est condamné à un cycle infernal de chaos économique. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de violences majeures liées à la situation catastrophique de l’économie. Mais pour combien de temps?


L’anti-science du réchauffement climatique

Un article a attiré mon attention:
https://www.rt.com/news/450291-colonization-climate-change-cooling/
La Science débile en action: « le génocide est une arme contre le réchauffement climatique ».
C’est le genre d’étude où TOUT est débile. La manipulation des données est totale. Exemple? L’estimation des populations américaines entre 1492 et 1600, période au cours de laquelle ladite population aurait chuté de 95% à cause des européens, en raison des épidémies, des guerres et des famines.
Il faut savoir qu’aucune épidémie, pas même Ebola, n’a un taux de mortalité aussi élevé. Même en y ajoutant les conflits armés, qui n’ont pas fait plus de 100 000 morts sur l’ensemble du siècle, et même en présumant qu’il y a eu des famines, il n’est statistiquement pas possible d’éliminer 95% d’une population (avec les moyens de l’époque). Un effondrement de cette nature et aussi rapide aurait mené à l’extinction inéluctable et irrémédiable des populations amérindiennes (on parle ici aussi bien des populations d’Amérique du Nord que de celles du Sud), parce qu’il suppose une mortalité infantile dantesque (les enfants étant les plus faibles, ils sont les premiers à périr des épidémies et des famines).
Pire: la colonisation (à buts commerciaux, même pas de peuplement) de l’Amérique du nord n’a commencé qu’à partir de 1565, avec la première colonie implantée en Floride par les espagnols, ce qui signifie que la population des amérindiens du nord se serait effondrée en 35 ans! Tous les démographes vous le diront: un effondrement aussi rapide signifie l’extinction irrémédiable d’une population à court terme. Surtout que dans les faits, rien ne distingue le 16e siècle du 17e: les causes de ce prétendu effondrement n’ayant pas disparu après 1600, il est impossible que ces populations aient pu survivre au 17e siècle. Pourtant, ils sont toujours là, comme le prouve les tests ADN qui montrent non pas une disparition, mais un métissage: si les peuples ont pu disparaître, les populations, elles, sont restées.
Autre problème avec cette théorie totalement fumeuse, les périodes ne coïncident pas. Le « petit âge glaciaire » est une période relativement froide qui a débuté au début du 14e siècle, et s’est terminé au tout début du 19e siècle. C’est à dire qu’il a commencé AVANT la colonisation des Amériques par les européens. Il s’est également terminé AVANT le début de l’industrialisation du 19e siècle (les premières usines employant des machines à vapeur et donc utilisant du charbon n’ouvrent leurs portes qu’à partir des années 1840).
Le Petit âge glaciaire est expliqué par deux phénomènes parfaitement naturels et qui faisaient l’unanimité chez les climatologues jusqu’ici: les cycles de Milankovitch (liés à l’orbite terrestre et au fait que notre planète soit inclinée sur son axe de rotation) combinés à une activité solaire « anormalement » (comprendre « pas encore comprise ») réduite, comme en attestent les recensements de tâches solaires effectués depuis Galilée.
Balancer, donc, que ce refroidissement des températures globales est dû à la quasi-extermination d’un ensemble de population (évidemment commis par les méchants européens, bouuuh les blancs bouuuh), ce n’est rien d’autre que de l’idéologie pure et dure, à l’image de la science nazie et de la science soviétique, qui trafiquaient tout ce qu’ils pouvaient pour « prouver » qu’ils avaient raison.
Je n’invoque pas les nazis et les soviétiques au hasard: suggérer que la chute drastique d’une population a pu provoquer un refroidissement globale, c’est suggérer qu’on pourrait vaincre le prétendu réchauffement climatique en exterminant une partie de la population humaine. Inscrit dans la dynamique médiatique de ces derniers mois, où on vous dit d’arrêter de faire des gosses pour sauver la planète, que l’avortement c’est « trendy » et qu’on peut même en faire un happening (parce que ça fait l’occasion de se faire valoir avec un drame personnel), mais qu’il faut faire quand même de la place aux migrants africains parce qu’ils sont trop nombreux pour chez eux et qu’il faudra payer nos retraites, dans ce mouvement là, donc, on voit toute la rhétorique mortifère qui est organisée contre l’Occident.
Je dis souvent (pas sur Facebook) que le 21e siècle sera un siècle de génocides qui feront passer ceux du 20e pour de joyeuses balades bucoliques. Plus le temps passe, plus je vois des éléments se mettre en place, et plus je sais que c’est exactement ce qui arrivera, si on les laisse continuer dans cette voie.
Eteignez vos télés. Fermez vos journaux. Faites des gosses. Donnez leur des valeurs. Protégez leur héritage. Luttez.
Et si vous avez la patience, l’article est ici:
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0277379118307261

Du « gay-nocide » tchétchène…

Et nous y revoilà déjà. Ou encore. Les vilains tchétchènes s’en prendraient à nouveau aux gentils homos. La dernière fois c’était il y a bientôt deux ans. Mes prises de position à l’époque étaient les mêmes qu’aujourd’hui, donc si vous avez raté l’épisode, vous pourrez vous rattraper ici. Mes écrits m’avaient même valu une shitstorm familiale, mais je ne regrette rien. Long story, short story, un de mes cousins est homo et son compagnon est un avocat qui a trouvé le bon filon pour faire parler de lui en attaquant tous azimuts des personnalités accusées d’être « homophobes ». Évidemment, cette histoire était du pain béni, et il a cherché à attirer la lumière sur lui en s’attaquant rien moins qu’à Kadyrov, d’une manière qui m’avait fait bondir. Le Droit International étant ma première spécialité, voir que l’on cherchait à faire passer ces faits pour un génocide m’avait on ne peut plus révolté (plus encore que pour l’affaire des « Rohingas » du Myanmar…). Je reviendrais là dessus un peu plus loin dans cet article, parce qu’on en revoit les prémices poindre le bout du nez.

Comme je le disais à l’époque, ces « histoires » ne sont que des histoires jusqu’à preuve du contraire. Les témoignages anonymes sans aucune circonstance de lieu ou de temps ne sont rien de plus que des rumeurs. De fait, il y a 18 mois, nos médias allaient jusqu’à parler de « camps de concentration pour gays », voire pour certains imbéciles, de « génocide contre les gays ». C’était et c’est toujours d’une débilité absolue, du même niveau que ces histoires d’exécutions atroces avec force détail en provenance de Corée du Nord (exécution aux chiens affamés, exécution au canon anti-aérien…).

Mettons-nous d’accord tout de suite: la Tchétchénie n’est PAS un paradis sur Terre. Loin de là. C’est une république islamique despotique et népotique dirigé d’une main de fer par le clan Kadyrov, Ramzan en tête. Le clan Kadyrov est musulman, pratiquant de l’école soufie, qui est largement promue et mise en œuvre dans la petite république du Caucase (parce que, oui, aussi choquant que ça puisse être, c’est bien une république). Ce n’est pas un hasard si Kadyrov a le soutien du Kremlin: la Tchétchénie (et le Daghestan voisin) est depuis les années 1980 une « terre d’islamisation », que les saoudiens essaient de conquérir avec leur école islamique, le salafisme wahhabite. La deuxième guerre de Tchétchénie, au début des années 2000, était une guerre contre le séparatisme tchétchène, fondé largement sur l’islamisation. Ramzan Kadyrov et son clan en sont sortis grands vainqueurs, et ce, même après l’attentat qui a tué son père en 2004.
Ils sont toujours soutenus sans aucune faille par le Kremlin parce qu’ils liquident les wahhabites là où ils les trouvent, et maintiennent une véritable stabilité dans la région.

C’est dans ce contexte de conflit religieux que doit se comprendre la répression tchétchène. A la répression d’Etat se cumule une sorte d’entreprise mafieuse, où les hommes de main du clan Kadyrov (sans forcément dépendre de lui, mais lui ayant prêté allégeance et appelés de ce fait « Kadyrovtsi ») font régner une répression-extorsion systématisée. Les Kadyrovtsi sont une sorte de milice privée, investie de pouvoirs de police et de renseignement. Nés en 1994 en tant que force insurrectionnelle militant pour l’indépendance de la Tchétchénie, ils sont devenus la garde rapprochés du clan Kadyrov. Si Ramzan les a officiellement dissouts en 2006, soit en les intégrant dans l’appareil d’Etat (armée, police…), soit en les congédiant, leur réseau est tel qu’ils continuent d’exister de façon semi-officielle en tant qu’organisation paramilitaire.
La politique de répression en Tchétchénie est simple: si un individu « prend le maquis » (c’est à dire rejoint les rangs des wahhabites), les kadyrovtsi vont s’en prendre à ses parents, ses frères et sœurs, ou ses cousins. Ce seront d’abord des menaces pour inciter les membres de la famille à faire revenir le candidat au « maquis ». Leur réputation est suffisante pour que ce soit un succès, mais quand ce n’est pas le cas, les kadyrovtsi recourent à l’enlèvement/prise d’otage, et les maisons de membres de la famille sont incendiées. L’idée est de faire en sorte que les familles elles-mêmes empêchent des prises de position « anti-tchétchènes » sous peine de subir la sanction à la place du mis en cause.

Ce système est efficace, mais aboutit à des arrestations-détentions qu’on qualifierait, dans un Etat de droit, d’arbitraires et d’illégales: il n’y a aucune mise en accusation, aucun procès, ni évidemment aucun contrôle. C’est là qu’arrivent ces histoires de « gays » arrêtés. Des gens (qui ne sont pas homosexuels) sont « arrêtés » et « interrogés », et relâchés sur « caution », c’est à dire qu’ils sont enlevés, battus voire torturés, et éventuellement relâchés après demande de rançon (bien souvent non payée), ou assassinés. Ces enlèvements et assassinats étaient quotidiens pendant les premières années du règne de Ramzan Kadyrov, ils sont cependant moins fréquents aujourd’hui. Comme je l’ai déjà dit, ils ne visent certainement pas spécifiquement les homos mais concernent l’ensemble de la population, et ceux qui sont accusés de l’être ne le sont la plupart du temps même pas, et sont de fervents musulmans. Il s’agit là d’une stratégie d’intimidation particulièrement féroce dans un territoire traditionaliste où l’homosexualité est considérée comme une déviance ostracisante et honteuse pour les familles, qui liquident la plupart du temps elles-mêmes leurs membres dont l’homosexualité est découverte, ou plus rarement envoient leur proche en Russie ou à l’étranger. Et il faut ici le préciser de façon claire: ce n’est pas seulement la Tchétchénie, mais tout l’espace musulman qui est concerné.

L’homosexualité est un tabou généralisé dans l’espace musulman. Elle l’est encore plus dans les territoires traditionalistes comme l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Pakistan, ou, donc, la Tchétchénie. Il faut être un crétin d’une ignorance absolue pour croire qu’un homosexuel se revendiquerait comme tel en public en Tchétchénie, ou qu’il existe des lieux où les homos pourraient se retrouver « en secret », dans l’arrière-salle d’un café. Imaginer dans ces conditions qu’il y aurait de vastes rafles d’homosexuels qui seraient ensuite parqués dans des « camps de concentration » relève du délire.

Outre les opposants au régime, les kadyrovtsi visent en priorité les personnes qui ne sont pas suffisamment « tchétchènes », c’est à dire qui tiennent des propos anti-Kadyrov ou anti-russes (et donc souvent pro-Occidentaux), qui font la promotion de l’Islam wahhabite, ou ne vont pas à la mosquée. Ils ciblent également les jeunes qui boivent de l’alcool (dont la vente est très règlementée et limitée entre 8h et 10h du matin), se droguent, ou ont un comportement non conforme (tenue, attitude…). Certaines de ces personnes s’avèrent être homosexuelles, presque toujours des jeunes qui ont gardé leur orientation pour eux et n’ont pas eu le temps ou les moyens de partir avant d’être arrêtés, mais dire que ce sont eux qui sont ciblés serait cracher au visage des milliers de victimes qu’on oublierait.

Indéniablement, ces enlèvements constituent des crimes, en particulier lorsque les victimes sont battues, parfois torturées voire assassinées. S’agit-il de génocide pour autant? Certainement pas. Le crime de génocide est défini selon l’article 6 du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale comme constitué par des actes (meurtres, tortures physiques et/ou psychologiques, atteinte aux conditions essentielles de survie, empêchement des naissances, et transferts forcés des enfants vers un autre groupe) commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Je le précise donc ici: les homosexuels, même constitués en « communauté », ne sont pas et ne seront jamais un groupe national (une nationalité), ethnique (un peuple), racial ou religieux.

Le crime de Génocide est extrêmement particulier et le Droit International le restreint volontairement à quelques cas très particuliers et particulièrement emblématiques. Il s’agit ici de ne pas « déconsidérer » les génocides des juifs, des tziganes ou des tutsis. La plupart des crimes sont donc qualifiés de Crimes contre l’Humanité, dont la définition est beaucoup plus large (donnée par l’article 7 du Statut de Rome). Cette définition couvre le crime d’extermination (le meurtre systématisé de tout ou partie d’une population, sans considération pour sa nationalité, son ethnie, sa race ou sa religion), ce qui démontre la volonté de réserver la qualification de génocide à des cas extrêmement restreints et spécifiques.

Les disparitions forcées, les assassinats d’opposants politiques ou religieux, lorsqu’ils sont organisés par l’Etat ou l’une de ses institutions entrent dans la sphère de définition des Crimes contre l’Humanité, dont la peine est la même que pour le Génocide (article 77 du Statut de Rome). On comprend donc ici qu’il n’y a pas d’enjeu juridique particulier en ce qui concerne la qualification des crimes commis en Tchétchénie. La difficulté serait de savoir si les kadyrovtsi agissent en tant que milice privée ou organisation criminelle, ou en tant qu’organe officiel du pouvoir. Surtout, la Russie ayant signifié en 2016 son retrait de la Cour Pénale Internationale (dont elle avait signé le statut, mais jamais ratifié et donc jamais mis en œuvre ni appliqué), la question serait de savoir qui irait chercher Ramzan Kadyrov pour le traduire devant la Cour…
Une chose est sûre: vouloir à tout prix aller chercher le qualificatif de génocide est ridicule et démontre une ignorance crasse du Droit International, parce que cela ne peut pas, juridiquement, aboutir. Cela démontre aussi, et surtout, une volonté d’ordre politique.

Tout le monde aujourd’hui cherche à avoir « son » génocide. Des musulmans accusant les autorités du Myanmar aux algériens accusant la France coloniale, en passant par les homosexuels à propos de la Tchétchénie, l’enjeu politique est immense, car l’effet politique d’un génocide aboutit à une quasi-immunité, une interdiction de toute critique qui serait désormais perçue comme une persécution de plus. Il y a aujourd’hui une véritable « course au génocide », une rivalité mémorielle qui pourrit tout débat politique. Or, l’immunité politique est nécessaire pour certains groupes qui entendent faire avancer leur agenda politique, les uns pour instaurer peu à peu la Sharia, les autres pour s’assurer de pouvoir reprendre la promotion de la pédophilie comme dans les années 1970, mais cette fois en la faisant passer pour une orientation sexuelle « naturelle ».

Il est temps d’arrêter ce délire génocidaire et de retrouver un peu plus de sérénité dans les débats. Le dévoiement du vocabulaire finit par faire perdre toute nuance aux mots et aux notions qu’ils recouvrent. Lorsque les mots n’ont plus d’importance parce qu’ils sont tous devenus synonymes, on perd leur richesse et leur intérêt. Lorsque l’exceptionnel devient banal, la banalité est sans importance, et il semble que certains préfèrent se préoccuper d’inventer des génocides à l’autre bout de la planète plutôt que de s’occuper de la misère qu’ils ont sous les yeux au quotidien.

Triste monde pour de bien tristes sires aux petits égos méprisables.

9 septembre 1922: la Tragédie de Smyrne

Le 9 septembre 1922 commençait la tragédie de Smyrne.
Ville sous administration grecque depuis le démantèlement de l’Empire Ottoman, du 15 mai 1919 jusqu’au 8 septembre 1922 à 22h, elle passe à cette heure-là (décidée administrativement, ce qui permettra de lancer des opérations d’évacuation) sous la domination des « nationalistes » turcs, ceux-là même qui sont responsables du génocide arménien.

Pendant 4 jours, ils vont se livrer sur les civils à des massacres, pillages, viols, tortures, sans aucune retenue et selon les témoignages, avec une intolérable cruauté, avant d’incendier la ville pour la réduire en cendres, le 13 septembre. Les deux-tiers de Smyrne seront ainsi détruits (les quartiers turcs seront laissés intacts, tandis que les quartiers juifs ne seront que très peu touchés, contrairement aux quartiers grecs et arméniens qui seront réduits à néant), les troupes turques bloquant les sorties de la ville pour empêcher les survivants d’échapper aux flammes. La ville comptait près de 400 000 habitants, dont 165 000 turcs, et comptait 150 000 grecs, 25 000 juifs, 20 000 européens dont 3 000 français, et 25 000 arméniens auxquels s’ajoutaient des milliers de réfugiés rescapés du génocide et tous les européens ayant trouvé refuge dans la ville pendant les 3 ans de guerre greco-turque. La moitié (estimés à plus de 100 000, le New York Times du 17 septembre 1922 parlera de 200 000 morts) vont périr dans des circonstances atroces. Toutes les victimes seront non-turques.

Les troupes britanniques et surtout les troupes françaises, venues tenter d’évacuer les populations civiles, décriront des scènes d’apocalypse et seront témoin d’exactions (comme le martyr de Saint Chrysostome de Smyrne) contre lesquelles les soldats ne peuvent rien, ayant reçu l’ordre formel de ne pas intervenir pour préserver la neutralité de leur pays. Les navires de secours ne parvenaient souvent pas à entrer dans le port, tant il y avait de cadavres flottant dans l’eau: leur masse gonflée et pourrissante était telle qu’elle suffisait à les repousser par leur seul nombre.

Un certain nombre de récits ont été publiés à l’époque pour relater les faits, de façon extrêmement édulcorée mais déjà suffisamment éloquente. On peut en trouver un certain nombre ici: https://archive.org/stream/martyrdomofsmyrn00oecoiala…

Les turcs nationalistes (un qualificatif trompeur: leur nationalisme n’était pas un « panarabisme », mais un islamisme pur et dur) surnommaient la ville « Smyrne l’Impure » ou encore « Smyrne l’Infidèle », parce qu’elle était historiquement un havre de relative tolérance où populations chrétiennes, juives et musulmanes vivaient en relative cordialité, sans toutefois se mélanger. L’arrivée des turcs va changer radicalement tout ça: ils renommeront la ville Izmir, et déporteront 30 000 rescapés vers l’intérieur du pays, au cours d’une « marche de la mort » où presque tous périront, soit exécutés, soit d’épuisement (ils n’avaient ni eau ni nourriture, devant se contenter de ce qu’ils trouvaient parfois en chemin).

La marine grecque, revenant dans la ville le 24 septembre, évacuera 180 000 personnes, la plupart arrivées après le massacre pour fuir le pays. En 1923, la Grèce et la Turquie procèderont à des échanges de populations. Après le massacre, que les turcs appellent « la Glorieuse Reconquête d’Izmir », un recensement en 1927 établit la population d’Izmir à 185 000, composée à 88% de turcs (dits « musulmans » dans le recensement), le reste étant ultra-majoritairement juifs. Comme le notera plus tard l’historien Giles Milton (dans « Le Paradis Perdu – 1922, la destruction de Smyrne la Tolérante »), 3000 années de présence grecque en Anatolie venaient de trouver une fin brutale, Smyrne devenant le symbole sanglant de la destruction de tout un monde qui n’existera plus jamais.

3 septembre 1939: la France déclare la guerre au IIIe reich

http://www.ina.fr/video/CAF94005580

C’est la rentrée des classes, mais c’est aussi le triste anniversaire de l’entrée de la France dans la seconde guerre mondiale.
Le 3 septembre 1939, l’Angleterre et la France entrent de facto en guerre contre l’Allemagne nazie, à l’expiration de leur ultimatum. Le 1er septembre, les troupes de la Wehrmacht attaquaient la Pologne sans déclaration de guerre, provoquant la mobilisation générale en France et au Royaume-Uni. Le front de l’ouest, pourtant, n’est pas ouvert. Français, belges et anglais se raccrochent à l’espoir d’une résolution diplomatique par le biais d’une conférence que Mussolini souhaitait organiser sur le problème de la Pologne. Le conflit remonte en fait à la résolution de la Première Guerre Mondiale, à la fin de laquelle l’Allemagne perd énormément de territoires: ses colonies, bien sûr, mais surtout l’Alsace, à l’ouest, et les régions dites du « couloir de Dantzig », à l’est. Hitler entend les récupérer, fidèle aux idées pangermanistes de l’époque. Il lance donc les troupes allemandes à l’assaut des territoires anciennement allemands, comme il avait fait contre la République Tchèque en 1938. Les français et les anglais avaient alors abandonné la République Tchèque et donné un blanc-seing à Hitler pour annexer les Sudètes (majoritairement peuplée de germanophones), espérant calmer ses appétits expansionnistes (il avait promis qu’il n’irait pas plus loin). Sauf Qu’Hitler voulait aussi la Pologne, et le Lebensraum pour l’Allemagne, étendu vers l’est (et dépeuplé de ses populations slaves, par la force si besoin).
Le 3 septembre 1939, donc, la France et l’Angleterre se retrouvent dans la guerre. Mais n’ont pas les moyens de la mener. La France était depuis la fin de la Première Guerre le berceau du Pacifisme politique. Nombre de ses « intellectuels » prônaient un désarmement complet. Résultat, quand vient la guerre (parce qu’elle est venue, que les pacifistes le voulaient ou non), ni la France ni l’Angleterre ne l’ont préparée. L’industrie de l’armement est relancée en catastrophe pour remettre à niveau les équipements. En France, ce sera le développement du char B1Bis (presque invincible pour les chars allemands, comme ils en feront l’amère expérience) et du chasseur Dewoitine D.520, notamment.
Seulement, c’est déjà beaucoup trop tard. Les mois de flottement, aux cours desquels des affrontements extrêmement limités se produiront sur notre sol et le sol belge, ne seront pas suffisants pour compenser le manque de préparation et d’entrainement des troupes françaises et belges, qui subiront de très lourdes pertes malgré une résistance acharnée. Ce défaut déjà mortel se trouvait aggravé par un État-major incompétent, dirigé par le Général Gamelin, qui n’a jamais pris les initiatives qui auraient pourtant pu changer le cours de la guerre. En septembre 1939, la guerre contre l’Allemagne était gagnable, en prenant d’assaut un pays vidé de ses soldats (presque tous lancés à l’assaut de la Pologne) et en le privant de son cœur industriel (majoritairement situé à l’ouest de l’Allemagne). En mai 1940, l’occasion était passée, et la guerre était perdue d’avance.

Sombre Plume présente: Saoshyant & Rome

Je me décide enfin à donner des allures plus officielles concernant la sortie de Saoshyant, paru en août dernier, à l’occasion de la publication du deuxième volet de la trilogie Ecclesia, intitulé Rome.

Saoshyant, tout d’abord:
Disponible au format papier et numérique (kindle) 

Dans l’obscurité d’un passé depuis longtemps oublié est née une idée qui devait changer le monde et délivrer l’Homme de ses angoisses.

Le Sauveur, pourtant, s’est fait tyran usurpateur et sanguinaire par la voix des prophètes qui n’ont eu de cesse d’annoncer sa venue prochaine à leur propre profit.

De ses origines mazdéenne, le Saoshyant s’est mué en Ha Mashia’h à Babylone avant de devenir Christ à Jérusalem.

Depuis deux millénaires, l’Homme tue au nom de celui qui devait le sauver. De Zoroastre à Saint Paul et l’Iscariote, Tiephaine G. Szuter prolonge l’expérience du Liber Satanis dans le premier volume de la trilogie Ecclesia, consacrée à la naissance du Christianisme et de l’Église qui s’en réclame.

 

Comme je l’expliquais en décembre dernier, la trilogie Ecclesia, dont Saoshyant est le premier volet, s’inscrit dans la lignée de mon Liber Satanis et entend montrer comment une idée mystique a été manipulée pour faire passer une petite secte isolée en Orient au statut de religion globale.

Saoshyant plonge dans les racines mazdéennes du concept de « Sauveur » et montre comment ce concept spirituel est devenu une arme dans les mains de rebelles juifs contre la domination romaine.

Le second volet d’Ecclesia s’intitule donc logiquement Rome:

Disponible au format papier et numérique (kindle)

La ville éternelle! Rome, l’impériale, la majestueuse, capitale du monde… Et pourtant, tout ceci ne serait bientôt plus que poussière.

Depuis le lointain Orient, la mort de l’Empire est en marche.

L’exterminatrice de dieux et de traditions rongera Rome de l’intérieur, festoyant sur son cadavre pendant des siècles.

L’Église chrétienne détruira un monde, et le plongera dans l’obscurité pour un millier d’années…

Avec Rome, Tiephaine G. Szuter nous fait plonger dans le drame de la fin du Monde antique dont l’agonie dura quatre siècles. Rongée par la superstition et le fanatisme, Rome témoigne du destin des sociétés obscurantistes des hommes devenus fous par dévotion.

 

Rome se déroule donc à la période troublée de l’Empire, et se concentre sur les conséquences de la fondation de l’Eglise Catholique, qui prendra peu à peu l’ascendant sur le pouvoir de l’Etat romain, et détruira irrémédiablement le monde antique et son lien particulier avec la Nature, les anciennes traditions, et cherchera la domination sur l’Humanité toute entière. Mais cette dernière partie sera abordée dans le troisième volume d’Ecclesia, intitulé Peste, à paraître dans les prochains mois.

Comme toujours, je vous souhaite une bonne lecture en compagnie de mes écrits.