L’économie du Zimbabwe: une leçon pour les apprentis-sorciers

« Non mais l’autre, il nous parle du Zimbabwe, c’est quoi cette blague? »

Si j’aborde le sujet de l’économie du Zimbabwe, c’est parce que l’exemple de ce pays est l’archétype de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on veut développer une économie de façon stable et pérenne.

Le Zimbabwe, c’est là, en vert.

Commençons par quelques données sur le pays, qui abrite une population de 16 millions de personnes, appartenant ultra-majoritairement à l’ethnie Shona (80% des habitants). Déjà, il faut savoir le Zimbabwe est l’un des rares pays africains à avoir abrité une civilisation dont on connait relativement bien l’histoire, et ce dès le Ve siècle de notre ère. Lorsque les anglais colonisent la région, sous le nom de Rhodésie à la toute fin du XIXe siècle, la civilisation Shona est en déclin depuis près de 4 siècles.

Pour des raisons d’organisation administrative, le pays est découpé en deux, avec la Rhodésie du Nord, et la Rhodésie du Sud. Ils essaient de rattacher la Rhodésie du Sud à l’Afrique du Sud, ce qui est un échec sur tous les plans, et les anglais décident de laisser de côté ce pays pour se concentrer sur le développement de l’Afrique du Sud et de la Rhodésie du Nord.

Avec la décolonisation, est créée une Fédération regroupant les deux Rhodésies et le Nyassaland. On lit souvent que c’était pour préparer une indépendance sur le modèle sud-africain, avec des blancs à la tête de la Fédération en vue de conserver un accès aux ressources minières, mais l’idée me semble grotesque pour des tas de raisons que je ne développerais pas ici. Disons seulement qu’avec des blancs ultra-minoritaires, dans une dynamique de décolonisation, je ne vois pas comment cela aurait été possible. Toujours est-il que la Fédération éclate en 1964. La Rhodésie du Nord devient l’actuelle Zambie et le Nyassaland devient l’actuel Malawi. La Rhodésie du Sud reste la Rhodésie, menée par le Gouvernement de Ian Smith, qui perdurera jusqu’en 1979.

Ian Smith en couverture du Time, 5 novembre 1965

L’histoire post-indépendance de la Rhodésie du Sud est complexe, et mériterait un article à elle seule, aussi vais-je abréger en mentionnant simplement qu’à la suite d’une longue guerre contre les mouvements rebelles soutenus par les anglais (qui avaient refusé la déclaration d’indépendance de Ian Smith en 1964), écrasés par des pressions internationales et minés par des dissensions internes, la Rhodésie du Sud de Ian Smith devient le Zimbabwe de Robert Mugabe en 1980.

Commence alors un déclin économique unique dans l’histoire de la décolonisation.

Une économie détruite par l’avidité et l’incompétence

L’organisation économique du Zimbabwe de Mugabe était corporatiste, c’est à dire que chaque corps de métier est regroupé et s’auto-organise lui-même, en fonction de ses intérêts. Pensé comme la panacée pour tirer le maximum de chaque corps (agriculture, industrie, armée, santé publique…), le corporatisme crée en réalité les bases pour une société de conflits d’intérêts qui finit par paralyser une économie, parce que chaque corps se dispute l’exercice de telle ou telle activité. L’un des exemples types est celui du pain: l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit et vend le pain. Mais entre les deux, il faut moudre le grain pour produire de la farine. Problème: le meunier relève-t-il de l’agriculture, ou du commerce? On crée pour résoudre le conflit un nouveau corps de métier pour départager le fermier et le boulanger. Seulement il faut amener le blé au meunier, puis livrer la farine au boulanger, une activité de transport. Vous comprenez le problème: on multiplie les intervenants, donc les intermédiaires, et donc les coûts, et très vite, le système s’asphyxie parce qu’il n’y a plus assez de monnaie en circulation.

Mugabe avait également fait mettre en place un système social complet: salaire minimum garanti, durcissement des règles juridiques encadrant le licenciement, dépenses publiques d’éducation et de santé qui triplent en dix ans, développement de l’emploi public jusqu’à lui faire peser 60% des emplois du pays, et pour permettre à tous les habitants d’accéder à la propriété puis à une société de consommation, les prix des biens et les taux de crédit étaient contrôlés par l’Etat.

Pour soutenir cette consommation intérieure, les entreprises devaient payer d’énormes taxes si elles souhaitaient exporter leurs produits. Or une telle politique conduit à déséquilibrer la balance commerciale: en exportant moins que ce qu’on importe, on réduit l’afflux de capitaux étrangers qui servent à payer les importations. Il faut donc acheter des devises étrangères pour payer ces importations, et pour maintenir un niveau de liquidités suffisants dans le pays pour faire tourner l’économie réelle (celle des gens dans les commerces).

Dernier ingrédient pour déclencher une crise économique majeure, le gouvernement Mugabe a interdit aux compagnies étrangères ayant des activités au Zimbabwe d’y distribuer des dividendes à leurs actionnaires, pensant ainsi favoriser les primes aux salariés. Or, dans les années 1980 (et ce n’est plus le cas aujourd’hui), les dividendes servaient avant tout à rémunérer les investisseurs étrangers qui apportaient de l’argent frais (et surtout, des devises étrangères) dans le pays pour développer son économie. En empêchant ce versement de dividendes, Mugabe a en réalité empêché les investisseurs étrangers de dépenser leur argent dans les projets des entrepreneurs locaux, qui en avaient pourtant désespérément besoin pour créer des emplois dans le secteur privé.

Résumons: des dépenses publiques énormes (à hauteur de 45% à la fin des années 1980), un déficit commercial qui assèche les liquidités du pays, et une politique décourageant l’afflux de capitaux étrangers pouvant compenser cet assèchement et aider dans le même temps au développement de l’économie, qui ne peut pas compenser avec des taux d’intérêt et des prix flottants puisque ceux-ci sont contrôlés par l’Etat.

Les interventions gouvernementales des années 1990

Face au problème de la dette publique s’accroissant à un rythme alarmant, le gouvernement Mugabe a tenté plusieurs réformes dans les années 1990. Le plus évident en cas d’assèchement des liquidités dans un pays est une émission monétaire, dont le résultat est une dévaluation de la monnaie. Le gouvernement injecte donc sur son marché intérieur un vaste volume de cash, dévaluant le dollar zimbabwéen de 40%. Au même moment, le contrôle des salaires, des prix des denrées et des taux d’intérêt est levé.

Le remède, appliqué de façon aussi rapide, est encore pire que le mal puisque cela crée dans le même temps une baisse des salaires, une hausse des prix des denrées alimentaires et des taux d’intérêt, et une hausse du chômage, sans pour autant réduire le problème des déficits publics qui restent au même niveau.

Sans surprise, l’économie du pays est mise K.O. par ces réformes, et s’ensuit une période de chaos économique. La situation est en fait similaire à celle des pays d’Europe de l’Est à la chute de l’empire soviétique, et tout comme pour eux, des signes d’amélioration timide commencent à se faire sentir au milieu des années 1990, preuve que les réformes commencent à produire leurs effets positifs (meilleure efficacité de l’économie, retour à l’emploi pérenne, circulation des capitaux dans l’économie réelle, prix des denrées représentant leur véritable valeur…). Additionnées à l’aide internationale, ces mesures auraient pu rendre au Zimbabwe une vraie dynamique et lui permettre un développement accéléré, et ceci d’autant plus que le pays est riche en ressources minérales.

Seulement voilà, Mugabe était un dirigeant apparemment décidé à ravager son propre pays, puisqu’il a décidé en 1998 d’engager l’armée du Zimbabwe en République Démocratique du Congo (autre pays souffrant d’un chaos politique et économique, aggravé par la convoitise de ses voisins comme le Rwanda et le Burundi sur ses ressources minérales…). Cette action en RDC, totalement illégale et contreproductive, aboutit à la suspension de l’aide internationale, pourtant vitale pour l’économie du pays. Après tout, si le Zimbabwe peut se permettre des opérations militaires, pourquoi continuer à lui verser de l’aide économique pour sa population? Les millions de dollars qui affluaient permettaient de maintenir la balance commerciale et soutenaient l’économie réelle avec de l’argent circulant permettant de ne plus émettre de monnaie nationale (et donc de dévaluer). Sans cette aide, l’économie du Zimbabwe est repartie dans une spirale descendante aboutissant à l’explosion des années 2000.

L’Hyperinflation et la ruine du Zimbabwe

Avec un tel climat économique, le Zimbabwe était clairement condamné sur le plan économique à devoir subir un déclin irrémédiable, avec au bout l’implosion de tout le système. Cette seule phrase résume à elle seule la décennie 2000, qui a vu la dette extérieure du pays exploser, son économie réelle s’effondrer, et sa monnaie subir une hyper inflation comme on n’en avait plus vu depuis les années 1920 en Allemagne et en Autriche, suite à la Première Guerre Mondiale.

Un billet avec une somme absurde, ne valant rien, sauf pour les numismates…

En réalité, je pense qu’on peut même dire que la situation du Zimbabwe était inédite dans l’histoire, encore pire que dans les années 1920. Pensez donc: en 2009, vous pouviez voir sur le bas côté des routes des billets de plusieurs milliards de dollars zimbabwéens que personne ne se donnait la peine de ramasser, tant ils ne valaient rien. Le plus gros billet de l’histoire de la monnaie a été émis au Zimbabwe, pour une valeur faciale de 100 000 milliards, l’équivalent de quelques dizaines d’euros seulement.

L’histoire du dollar zimbabwéen est elle-même révélatrice de l’immense problème généré par l’intervention gouvernementale dans l’économie. Créé en 1980, le dollar zimbabwéen ( surnommé Z$ pour plus de simplicité ci-après) voit sa valeur s’éroder au fil des ans, indépendamment des épisodes de dévaluation volontaire. D’une valeur d’environ 1,5 $US pour 1 Z$ en 1980, il fallait 1 million Z$ du pays pour acheter 1 livre sterling en 2006. En 2006, le gouvernement tente d’enrayer la crise en annonçant un changement de monnaie, avec une valeur de 1 $US pour 1000Z$, sans changement macro-économique préalable pour assurer la viabilité de cette monnaie. Même causes, même conséquences: l’inflation est repartie de plus belle, à ceci près que cette nouvelle monnaie n’avait plus la confiance ni de la population, ni des étrangers commerçant avec le pays. De facto, le dollar US est devenu la monnaie préférentielle pour les échanges commerciaux, tant à l’étranger qu’en interne, ce qui d’une part forçait les entreprises zimbabwéennes à acheter des dollars à un taux très désavantageux pour elles, et d’autre part, amenait la population à trafiquer des dollars US sur un véritable marché noir. Or, plus le dollar américain entrait dans l’économie du pays (sans intervention en ce sens de la part des Etats-Unis, il faut le préciser), et plus la défiance envers le dollar zimbabwéen augmentait, faisant gonfler l’inflation à un rythme soutenu.

Pour essayer de rétablir la situation économique devenue catastrophique, le gouvernement Mugabe change une nouvelle fois sa monnaie, avec un taux de 10 milliards Z$ anciens pour 1 Z$ nouveau, au 30 juillet 2008. Or, cela ne changeait strictement rien, puisque aucune réforme macroéconomique n’avait eu lieu, une situation très vite évidente puisque dans les semaines qui suivent, Mugabe fait autoriser certains détaillants à accepter les devises étrangères, en particulier US$ et Rand sud-africain, comme moyen de paiement légal. Cette autorisation bouleverse totalement l’économie à cause du signal qu’elle envoie: puisque d’autres monnaies avaient désormais cours dans le pays, cela signifiait que le Z$ ne valait plus rien. En moins six mois, cette nouvelle dénomination monétaire était devenu l’échec le plus absolu de l’Histoire de la Monnaie, avec l’émission de ce fameux billet de 10 trillions de Z$ (valant sur les marchés internationaux environ 50 US$).

Une dernière tentative de sauvetage du dollar zimbabwéen a lieu en février 2009, avec une valeur de 1 000 milliards de Z$ anciens pour 1 Z$ nouveau (et il fallait 300 000 milliards de Z$ anciens pour 1 US$). Une fois encore, sans réforme macro-économique, l’absence de confiance dans cette monnaie ne pouvait que conduire à un désastre encore plus rapide que les précédents. Aggravée par l’annonce du gouvernement que désormais toutes les devises étrangères seraient acceptées dans le pays, la crise aboutit à la suspension définitive de la cotation du dollar zimbabwéen en avril 2009. L’annonce constatant de facto la mort de cette monnaie n’a eu aucun effet sur l’économie, qui à cette date était de toute façon entièrement « dollarisée », effectuée en dollars US, voire en têtes de bétail dans les régions rurales, où la forme d’échange était revenue au troc…

L’annonce de la démonétisation définitive du Z$ en 2015 est passée presque inaperçue.

La malédiction du Zimbabwe

Le Zimbabwe avait pourtant tout pour être un pays riche et prospère. Dès l’indépendance de 1965, le gouvernement de Ian Smith avait mis en place les bases d’une économie saine, fondée sur l’agriculture, qui est l’un des secteur les plus dynamiques de ces régions fertiles de l’Afrique. L’agriculture devait permettre la constitution de capitaux nécessaires pour assurer la crédibilité internationale des finances du pays, et attirer des investisseurs pour exploiter les riches ressources minérales du Zimbabwe.

Le pays possède de très riches réserves de charbon (8 milliards de tonnes prouvées), des diamants (4% de la production mondiale), du Platine (10% de la production mondiale), du Palladium (5% de la production mondiale), de l’or, de l’argent, des minéraux technologiques comme le cobalt…

En fait, le Zimbabwe devrait théoriquement être l’un des pays les plus riches d’Afrique. Il ne subit pas l’ingérence étrangère comme peut la subir la République Démocratique du Congo, et est en relative paix au niveau civil, du fait de sa grande homogénéité ethnique (plus 80% de la population est de l’ethnie Shona). Comment expliquer, dans ces conditions, que le pays soit l’un des plus pauvres du monde?

Il faut remonter à 1980, et l’arrivée au pouvoir de Mugabe, qui a constitué une véritable catastrophe pour la population blanche, qui détenait majoritairement l’agriculture entre ses mains. Prétextant le « racisme » des blancs, Mugabe s’est employé à détruire les liens entre populations noires et populations blanches et à ostraciser ces dernières pour reprendre leurs terres, avec l’appui du gouvernement anglais qui l’avait mis au pouvoir. Comme il faut s’y attendre dans une économie basée sur l’agriculture depuis les années 1960, une telle attaque contre les fermiers blancs a mené à un déclin inexorable de tout le secteur, fragilisant les bases d’une économie déjà malmenée par les réformes que j’ai mentionnées plus haut. Pendant les décennies suivantes, Mugabe s’est employé à décharger ses responsabilités sur les « racistes » blancs, qu’il a fait persécuter. Alors qu’ils représentaient 275 000 personnes en 1975, les blancs n’étaient plus que 29 000 personnes en 2012. En 2015, Mugabe a fait voter une énième loi pour exproprier manu militari et sans compensation financières 3000 des 4500 familles de fermiers blancs qui restaient dans le pays, appelés à « quitter le pays ou mourir ». Cette loi a achevé de détruire le secteur agricole zimbabwéen, au point que le nouveau gouvernement, qui a pris le pouvoir en 2017, envisage de faire revenir ceux qui ont dû fuir en Afrique du sud et en Zambie pour survivre.

Robert Mugabe a été chassé du pouvoir le 14 novembre 2017, après 37 ans de règne de fer, dans un coup d’Etat dirigé « contre ses proches » accusés de détruire l’économie du pays. En n’accusant pas Mugabe de leurs maux, les mutins ont voulu préserver le pays d’une guerre civile qui n’aurait pas manqué d’éclater autrement…

Robert Mugabe, je l’ai dit, semble s’être évertué à détruire son pays, à la fois par incompétence et par avidité. L’intervention militaire de 1998 en RDC avait apparemment pour objectif non avoué de sécuriser les avoirs miniers que Mugabe avait secrètement acquis, et qui étaient menacés par des rebelles. Mugabe a apparemment pillé avec ses proches l’un des fonds de réserve constitué par la vente de diamants, pour une somme ahurissante de 25 milliards de dollars américains. Il dispose de résidences un peu partout dans le monde, chacune valant plusieurs millions de dollars US. Toute sa fortune s’est construite au détriment des zimbabwéens, et continue de se faire à leur détriment puisqu’il touche 1 million par an, en compensation pour le coup d’état qui l’a renversé en 2017, et ce jusqu’à sa mort (il a 95 ans).

Le nouveau président Mnangagwa n’est pas un inconnu puisqu’il était l’un de ses compagnons de route dès les années 1970. Il a acquis son surnom de « boucher » peu après l’indépendance en 1980, lors du massacre de plus de 20 000 civils, en majorité blancs et surtout noirs travaillant pour des blancs, commis dans le centre du pays.

Depuis le départ de cet homme qui a passé sa vie à détruire son pays et à accuser les blancs de tous les maux, les choses semblent aller un peu mieux au Zimbabwe.

C’était du moins le cas jusqu’à ces derniers jours. Le nouveau gouvernement a en effet annoncé la fin du système du taux-fixe de la quasi-monnaie basée sur le dollar, qui a pris le relais suite à la chute du Z$ en 2009. Concrètement, cela signifie que le Zimbabwe relance une nouvelle monnaie. Or, le nouveau gouvernement n’a pas constitué de réserves pour en garantir la crédibilité et la valeur, c’est à dire que l’on retombe dans la même situation qu’en 2006. Si le fait de laisser fluctuer à nouveau la valeur entre le dollar US et ce qui sert actuellement de monnaie nationale semble être une bonne chose pour de nombreux économistes, c’est qu’ils oublient que le pays souffre d’une grave pénurie de cash et que la majorité des échanges monétaires se fait sur le marché noir, hors d’atteinte du gouvernement. En réalité, cette annonce ne fait que diminuer la crédibilité de la quasi-monnaie locale, ce qui annonce un retour à la dollarisation, aux pénuries de cash, et une inflation majeure à venir.

Quelle solution pour une économie en crise?

La seule solution qui me paraît viable pour le Zimbabwe est d’abandonner toute prétention à avoir une monnaie « comme les autres », avec des taux de change fluctuants et adossée ou non au dollar pour bénéficier d’une stabilité comme le CFA indexé sur l’Euro.

En l’état actuel, sans réforme macro-économique majeure, la seule solution pour le Zimbabwe est d’adosser une nouvelle monnaie sur des valeurs stables et sûres: ses ressources minières. En créant un indice composite, c’est à dire en créant un panier de ressources dont la valeur équivaudrait à 1 dollar, représentant une fraction de la valeur d’une unité d’échange de tel ou tel métal (l’once pour les métaux précieux, le kilo pour les autres, la tonne pour le charbon…), le pays s’autoriserait une valeur monétaire fluctuante en fonction des marchés des ressources, appuyées sur des valeurs concrètes à même de redonner confiance en cette monnaie, et pourrait repartir sur des bases nettement plus saines, tout en se constituant une réserve pour crédibiliser son économie.

Sans parler d’un retour au standard-or, qui est dépassé et inadapté à une économie moderne, le Zimbabwe pourrait, s’il était mené par des dirigeants réellement concernés par le renouveau de l’économie de leur pays plutôt que par leurs richesses personnelles, retrouver une réelle dynamique de croissance et la prospérité dont il est théoriquement capable.

En l’absence de réformes libérant enfin l’économie, réduisant la part du secteur public dans l’emploi, cessant la discrimination contre ses populations blanches, autorisant les entreprises étrangères à réinvestir normalement dans le pays et dotant le pays d’une monnaie crédible, le Zimbabwe est condamné à un cycle infernal de chaos économique. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de violences majeures liées à la situation catastrophique de l’économie. Mais pour combien de temps?


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